Danse
Rare Earths

Rare Earths

24 octobre 2021 | PAR Nicolas Villodre

Earths, une splendide création de Louise Vanneste, vient d’être présentée en première à la Biennale 2021 de Charleroi Danse…

De la Terre à la Lune

Interprété par les excellentes Paula Almiron, Amandine Laval, Léa Vinette et Castelie Yalombo, le spectacle se déroule bi-frontalement, une petite partie du public étant disposée au fond de la salle, salle qui n’est jamais totalement éteinte par l’auteur de l’éclairage, Arnaud Gernier, au moins jusqu’au finale. Le même, chargé de la scénographie, a opté pour un sol recouvert de touffes d’herbe artificielle feintes par des glanures de mousse polyuréthane.

La B.O. électro-acoustique est signée Cédric Dambrain. Enfin, les tenues de scène, conçues par Jennifer Defays, sont immaculées, printanières, sportives. Démarquées, dirait-on, des ensembles sixties de Courrèges, futuristes à son époque. Les minijupes étant ici remplacées par de bermudas légèrement évasés du meilleur effet. Les quatre silhouettes ainsi stylisées, épurées, demeurent un moment immobiles, deux assises plus ou moins en tailleur, côté cour (pour nous), les deux autres debout. 

Énergies douces

Les membres du quatuor amorcent leur partition une à une, de manière autonome, se rapprochant un tant soit peu en conclusion.La pièce nous a paru apollinienne. Ni narrative, ni dramatique quoique la tension y soit constamment maintenue. Les positions de départ des deux danseuses à notre droite sont yogiques – d’autant que l’une d’elles est accroupie, les orteils repliés supportant le poids du corps. Chacune étant à sa tâche, sinon à son rôle, les agencements d’ensemble sont graphiques et les postures quasiment photographiques.

Lorsque la danse se fait jour, les interprètes évoluent à flux plus détendu, nous a-t-il semblé. La chorégraphie prend consistance par petites touches, par jets discontinus, économe en moyens comme en effets, lente puis accélérant imperceptiblement. Minimaliste, tâtonnante, velléitaire, oserait-on dire. Le travail sur la lumière est remarquable, non seulement par les ambiances qu’il produit de façon tout aussi discrète mais pour sa rythmique propre qui maintient le spectateur en éveil. Il contribue à métamorphoser les paysages et les corps.

Visuel : Earths de Louise Vanneste, 2021 © Caroline Lessire.

Ayaka Nakama chill au Centre Pompidou
Une playlist, mais avant tout une chanson
Nicolas Villodre

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture