Danse

« Not quite midnight » au Tarmac : la danse fougueuse de Cendrillon

« Not quite midnight » au Tarmac : la danse fougueuse de Cendrillon

20 décembre 2018 | PAR Claudia Lebon

Après Le Petit Chaperon rouge et Barbe Bleue, la compagnie québécoise CAS PUBLIC d’Hélène Blackburn fait danser une Cendrillon contemporaine qui ne manque pas de panache. Un spectacle très viril sur l’accomplissement de soi qui a réuni adultes et enfants au Tarmac pour cette fin d’année et sera de retour en France l’année prochaine.

Les heures défilent lentement, annoncées par la sonnerie du pendule dont les coups nous rappellent que la vie est affaire de persévérance. Et la persévérance, cette Cendrillon d’Hélène Blackburn n’en manque pas.

Certes, l’histoire est toujours la même : Cendrillon a accès au bonheur grâce à l’arrivée du prince dans sa vie qui vient lui ouvrir de nouveaux horizons. Mais ici, Cendrillon n’est pas passive. Elle danse. Bien plus à l’aise dans ses chaussons que dans ses pantoufles de verre (ou de vair !), elle s’élance, prend de la hauteur, elle tourbillonne, met son corps à l’épreuve et performe sa vie. Si cette création n’enlève rien au rôle du prince dans le destin de Cendrillon, elle enrichit la fable par cette mise en scène du dépassement de soi signifié par un corps en mouvement très impétueux.

Persévérer, se surpasser et croire en ses rêves, tel est le message qui semble être adressé aux enfants. Et d’ailleurs, que serait le conte sans eux ? Avec la complicité des danseurs et danseuses, filles et garçons évoluent sur scène et s’amusent franchement ! Notamment en essayant tant bien que mal de marcher dans ces escarpins à paillettes pas très confortables… Leur présence ajoute à ce spectacle une couche de fragilité, de malice, d’innocence et d’enthousiasme dont on ne pourrait se passer.

Au bal, il faut apprendre à trouver sa place et à se donner à voir. Dans cet univers de la représentation, à la fois sociale et artistique, chacune et chacun s’affiche avec satisfaction et fierté sous les feux des projecteurs, sautillant d’un cercle de lumière à l’autre.

D’ailleurs, les choses ici ne sont pas tout à fait “à leur place”, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Hélène Blackburn n’hésite pas, en effet, à subvertir le genre avec des danseurs gracieux aux longues jupes qui incarnent la Marraine la Fée et les sœurs de Cendrillon. Dans cette proposition, les hommes sont largement majoritaires mais ne font aucune ombre aux deux danseuses qui débordent autant qu’eux de fougue et de virilité.

Avec cette nouvelle création, la chorégraphe canadienne poursuit son exploration des grandes œuvres classiques et des contes de Perrault et des frères Grimm pour un spectacle qui illustre bien la démarche artistique de sa compagnie, attachée à des chorégraphies très denses – où le langage classique nous paraît très présent – et à une lecture accessible à tous.

Not Quite Midnight – Compagnie CAS PUBLIC

Chorégraphie : Hélène Blackburn

Interprètes : Alexander Ellison, Cai Glover, Robert Guy, Daphnée Laurendeau, Carson McGougall, Danny Morissette

En tournée :

Du 6 au 8 février 2019 – Agora de la danse – Montréal (Canada)

1er mars 2019 – Krokus Festival – Hasselt (Belgique)

Du 21 au 23 mars 2019 – Espace 110 – Illzach (France)

Du 26 au 27 mars 2019 – Opéra de Reims – Reims (France)

10 mai 2019 – Théâtre Paul Eluard – Bezons (France)

Visuel © Claudia Chan Tak

 

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Claudia Lebon

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