Danse
MAYDAY–MAYDAY : Philippe Ménard lance son SOS jusqu’au 12 mars au théâtre de l’Etoile du Nord

MAYDAY–MAYDAY : Philippe Ménard lance son SOS jusqu’au 12 mars au théâtre de l’Etoile du Nord

27 février 2011 | PAR La Rédaction

Le théâtre de l’Etoile du Nord qui accueille en résidence longue la compagnie pm l Philippe Ménard présente sa dernière création, MAYDAY MAYDAY, conçue sous la forme d’un diptyque que le chorégraphe lance, comme on lancerait un SOS : d’abord par le filtre d’une résistance qui nous pousse à sortir nos monstres (Ridi ! Pagliaccio ! SOLO 2009), puis par une tentative de réappropriation de ses espaces intimes comme une façon d’être au monde (I wanna dance all night SOLO 2010-2011).

« I wanna dance all night » ou comment relier le danseur avec son parcours personnel dans la danse. Comment il peut reconquérir sa nécessité première de la danse. Comment il peut à travers la superposition des codes de toutes les danses traversées, reconquérir son propre geste dansé. Est-ce que celui-ci existe seulement? Préexiste-t-il chez le danseur un geste dansé intime, survivant, émergeant, à tous les codes et gestes traversés? Un geste dansé essentiel à retrouver? A inventer? A réinventer? Ou bien est-ce le destin du danseur de finir là, à cet endroit du tableau blanc, à cet endroit où rien ne peut plus être dansé, définitivement?

« Ridi ! Pagliaccio ! » présente une Colombine ayant perdu son Arlequin, en quête de reconstruction, s’exhortant à paraître heureuse sur scène et oscillant entre l’hystérie et les larmes contenues.

Clin d’oeil à l’opéra de Leoncavallo où le désespoir côtoie le rire, « Ridi ! Pagliaccio ! » conduit la danseuse à jouer de ce que l’on subit, jusqu’à rire pour ne pas pleurer et absorber tant bien que mal les contraintes d’un monde en marche. Un monde écartelé, où le plaisir et les sourires tentent d’être salutaires. Elle livre un corps en crise, sans concession, poussé jusqu’à la monstruosité, oscillant entre horreur et candeur.

A travers ces deux tableaux, Philippe Menard, aborde la déconstruction/reconstruction du mouvement et explore la question de la création ou la reconquête de sa propre grammaire corporelle : refus et lutte contre la gravité des corps à la recherche d’un nouvel équilibre, réappropriation de la gestuelle pour se réinventer.

Christophe Gaita

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La Rédaction

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