Danse

Live Report II – Les 15e Rencontres de la forme courte en Nouvelle Aquitaine

Live Report II – Les 15e Rencontres de la forme courte en Nouvelle Aquitaine

06 février 2018 | PAR Eriksen

Osez « dé/ranger » vos sens avec les 15e Rencontres de la forme courte en Nouvelle Aquitaine (Boulazac (Périgueux), Cognac, bordeaux, le Bouscat, Bègles, Pau, Gradignan, Limoges). Danse, performance, musique et lecture d’un format de 20 à 40 minutes étaient au programme du début de parcours du samedi 27 janvier 2017, au Bouscat et à Bordeaux.

A midi à la halle des Chartrons,  On prend le ciel et on le coud à la terre  de Yan Allegret sur des textes de Christian Bobin. « L’entêtement à chercher des clairières », écrit Bobin… cela peut donner le pire, si plombé de culpabilité et de culpabilisation. C’est tout l’inverse que fait Yan Allegret. Il exprime un amour aérien, sans croix ni faute, humble et presque naïf, dans une interprétation qui n’impose presque pas d’incarnation. C’est un humain qui parle mais c’est n’importe qui, avec une fraicheur gauche. Qu’ils la gardent, cette part légère.

Puis Dust Devils de Pierre-Johannes Suc et Magali Pobel au Performance. La fumée monte le long des jambes et rebondit en volutes sur le bord du short. Caresse ou effluves, la pythie s’ébroue aux puissances telluriques. Dès que le corps bouge le brouillard devient homogène et les limites du bocal se matérialise comme contenant d’un liquide. La gestuelle se fait aquatique. Puis c’est la guerre, les éclairs, les noirs. De l’amnios à l’air libre, le corps devient guerrier, saccadé, voire mécanique, mais jamais répétitif. Le brouillard s’épaissit encore et elle disparait ou apparait à nos yeux. Une tête, un bras, une jambe, autant des signes qui sortent de la brume comme d’un écran blanc. Métaphore écologique ou humaine, à vous de voir, mais la qualité d’interprétation et la scénographie sont exceptionnelles.

A l’atelier des Marches, chez Jean-Luc Terrade, là où 30/30 a commencé, l’effet Blues. Sthyk Balossa, un grand noir athlétique, nous avait prévenu avant même l’entrée dans la salle : il nous inviterait à danser. Chacun prit sa place, plus ou moins loin de la scène en fonction de son désir d’en être. A la vue de cet impressionnant danseur au sol, on pense que l’on ira pas. Un batteur hypnotique délivre la cadence et le corps se relève, de plus en plus ouvert, de plus en plus accessible. Lorsque nous reconnûmes un signal du danseur, des femmes puis des hommes se levèrent pour rejoindre la scène, pour être dans son autour. Alors en fermant les yeux, par moment, on sentait qu’il n’y avait plus rien à commander, que ça bougeait tout seul. C’est cette leçon-là, que tous applaudirent, nous sur scène (aux deux tiers), lui assis sur les bans clairsemés depuis cinq bonnes minutes.

Des chaises en cercle sur deux rangs au centre du marché de Lerme, structure polygonale transparente incluse dans le rond de la place homonyme. La vie s’agite autour par les baies vitrés, tandis que Concert #11 et #12 débute comme une prise de parole spontanée de 5 spectateurs lambda autour d’un foyer imaginaire. En fermant les yeux, la polyphonie nous touche comme aucune sono ne vous l’a jamais rendue car vous êtes de la famille, dans une veillée d’avant l’électricité. Dans ce temps du rien à faire où s’est inventé autour du feu une parole non pragmatique. Cinq partitions propres fusionnent et donne le volume de la hutte ou du temple. La musique choisie rappelle plus les caravanes de l’ouest que la guerre du feu, mais l’esprit avait-il changé en 1000 siècles ? Le dernier chant donne la mesure du partage et de la réalité : les 5 chanteurs se sont groupés au centre et la musique est redevenue spectacle.

30-30, rencontres de la forme courte, fin janvier tous les ans. Notez-le pour l’année prochaine, vous ne regretterez pas.

« On prend le ciel et le coud à la terre » mis en scène de Yan Allegret sur des texte de Christian Bobin. Création et interpréation sonores de Yann Fery.

http://www.marchesdelete.com/index.php?option=com_content&view=article&id=65:on-prend-le-ciel-et-on-le-coud-a-la-terre-version-courte&catid=10&Itemid=260

«Dust Devils » : par Pierre-Johannes Suc et Magali Pobel, interprété par Marine Wroniszewski. Production Androphyne.

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« L’effet Blues » de Sthyck Balossa, avec Sthyk Balossa (danseur), Raphael Raymond (guitare, chant) et Simon Pourbaix (batteur).

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« Concert #11 et #12 » avec Mathieu Grenier, Celia Marissal, Tom Rinaudo, Mathieu Ben Hassen et Loic Beasty Palmiste.

http://www.marchesdelete.com/index.php?option=com_content&view=article&id=71:concert-11-et-12&catid=10&Itemid=260

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Eriksen

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