Danse

Les corps à corps synesthésiques de Mathilde Monfreux aux Hivernales

Les corps à corps synesthésiques de Mathilde Monfreux aux Hivernales

23 février 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La 42é édition des Hivernales a fermé ses portes hier soir, avec un peu plus tôt dans la journée la découverte d’une étape de travail de Caring Banquise, le nouveau projet de  la chorégraphe marseillaise à la Maison Jean Vilar. 

Nous sommes invités à déambuler dans la si belle Maison Jean Vilar, dont les murs sont vides en ce moment. C’est donc un espace immense, fait de recoins et de surprises que Mathilde Monfreux et ses interprètes ont pu investir toute la semaine jusqu’à hier, moment de la restitution de cet atelier in situ. En effet, ce travail n’est pas encore un spectacle, et les danseuses (Clémence Diény, Raphaële Dupire, Gaëlle Pranal, Anne-Gaëlle Thiriot, Virginie Thomas) ont donc participé à un Workshop dans le cadre du festival.

La performance se déroule comme un jeu. Des cartes sont disposées. Deux types de cartes. Certaines comportent des dessins, d’autres des textes.  Les dessins montrent des « postures » aux allures tantriques. Face à face, dos à dos, l’un sur l’autre… les textes nous questionnent : « Combien de temps te faut-il pour te laisser toucher?  » « Mesure le temps que tu peux passer à regarder une installation de corps à corps ? »…

L’installation en question est totalement participative et tous, nous sommes invités à entrer dans les mouvements. Cela peut être une ronde dans le salon Molière où l’on finit par « offrir une cuisse pour s’asseoir », cela peut être visage contre visage un emmêlement des cheveux ludique et sexy. La Compagnie des Corps Parlants porte bien son nom. Ici on parle, on se regarde bien droit dans les yeux, on invite.

C’est avec une liberté déconcertante que la performance opère. Nous déambulons, nous nous arrêtons à notre rythme. Le silence n’est pas totalement de mise, le public aussi se parle. Mathilde Monfreux tisse des liens solides entre les voyeurs et les participants. C’est une expérience sensuelle douce où le mouvement est souvent lent dans des transitions étonnantes (comment une cheville peut d’un geste soulever et faire rouler le corps qui passait sur elle ?)

Il y a pas mal d’humour ici et un vrai désir d’être ensemble. 

A suivre.

Visuel : @THOMASDA’ARAM

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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