Danse
La danse sans amortisseur de Christos Papadopoulos fait trembler le Théâtre de la Ville

La danse sans amortisseur de Christos Papadopoulos fait trembler le Théâtre de la Ville

19 février 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Jusqu’au 24, le Théâtre de la Ville propose un rattrapage indispensable du travail de Christos Papadopoulos. Le programme s’ouvrait ce soir avec Elvedon, une pièce à faire trembler les corps !

Le chorégraphe grec a été découvert en 2017 à l’occasion du festival Chantiers d’Europe avec justement Elvedon. Au plateau, ils sont six, et d’eux on ne connaît que leur derrière. La tête en bas et les bras ballants, ils rebondissent sans quitter le sol. Ils secouent.

Puis, Ioanna Paraskevopoulou, Chara Kotsali, Amalia Kosma, Maria Bregianni, Nondas Damopoulos, Georgios Kotsifakis vont se déployer jusqu’à pouvoir trembler ensemble, absolument ensemble face à nous.

On pense immédiatement à The dog days are over de Jan Martens. Un geste poussé à l’extrême qui va se modifier au fil du temps. Un geste qui, s’il est trahi, entraîne dans sa chute tout le groupe. Mais, aucune fausse note ici. Le tempo suit les beats comme des pulsations de Coti K.

On pense ensuite à Fase, qui se donne, hasard du calendrier et talent des programmateurs, en même temps, dans la salle Cardin du Théâtre de la Ville, jusqu’au 22. On le dit souvent, mais c’est vrai, il y a un avant et un après Fase. La musique répétitive associée à une danse non illustrative, c’était une révolution.

Christos Papadopoulos a donc de bonnes références et livre une leçon très bien exécutée. Alors, pas de Grand Soir ici, mais tout de même une structure très bien tenue qui vaut le tonnerre d’applaudissements final.

Dans sa progression, on croise autant les voyageurs d’un métro mal amorti que des travailleurs d’usine à la chaîne. Les images sont propres à chacun mais il y a une dimension théâtrale indéniable dans cette grammaire de l’obsession.

On ne peut que saluer la précision du geste qui ne vaut que s’il est absolument réalisé dans l’esprit de groupe, et cela même quand il est question de passer devant l’autre. Sur le fond, le respect et l’entraide, l’écoute et le regard planent sur la scène.

Une pièce jubilatoire, très courte, qui prouve que ce chorégraphe est à suivre. Courrez voir Ion, du 20 au 22, et Elvedon le 21.

Visuel : ©Théâtre de la Ville

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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