Danse
Gloria : La pièce dépassée de José Montalvo

Gloria : La pièce dépassée de José Montalvo

21 octobre 2022 | PAR La Rédaction

Depuis le 18 octobre, la troupe du chorégraphe José Montalvo joue la pièce Gloria à l’Espace Chapiteaux du Parc de la Villette. Outre le quartier de plus en plus délabré et mal famé, obligeant les visiteurs à traverser une allée mal éclairée et peuplée de rats pour parvenir à l’entrée du théâtre, la représentation, promettant allégresse et bonne humeur devient finalement lassante. Resté sur l’idée de positiver en pleine période d’épidémie, le chorégraphe nous offre une pièce manquant d’originalité et au discours creux.

Par Caroline Bensoussan

Au départ, le concept est pourtant prometteur : miser sur l’énergie d’une joyeuse troupe dansant un flamenco moderne accouplé d’autres influences comme le jazz, la danse africaine, le classique et le contemporain. L’idée est simple, renvoyer un message positif d’acceptation de soi basé sur le mentra dicté par la célèbre danseuse allemande Pina Baush : « Dansons, dansons sinon nous sommes foutus ».

La performance et la précision sont là. Malheureusement, la représentation se transforme vite en une succession de tableaux basés sur des poncifs survolés comme la libération de la femme, la non-binarité, l’environnement, la défense des animaux, l’individualisme, la violence et les dangers du capitalisme. Au rythme d’une interminable rengaine de jazz manouche, les danseurs se succèdent sur le devant de la scène et racontent une anecdote de leurs parcours.

Des interruptions qui auraient pu être pertinentes mais le discours est toujours le même. Voulant mettre en avant l’idée, à laquelle nous adhérons, que chaque corps est fait pour danser,  José Montalvo fait parler ses danseurs sur les préjugés auxquels ils ont fait face en voulant devenir danseurs.

S’en suit une série de : « On m’a dit que j’étais trop petite, trop grande, trop gros….pour danser et aujourd’hui je suis fière d’être devant vous ». Il faut dire que dans la troupe de José Montalvo, tout le monde est là : la menue, la grande perche, le grassouillet, le plus âgé, l’androgyne, l’efféminé, le fluet…. Sans parler d’un mélange ethnique qui pourrait être sublime ou même un non sujet,  s’il ne semblait pas si calculé.

Par le biais d’une danseuse clamant sur scène « Je suis fière de danser avec mes seins … et d’être petite ! » José Montalvo veut parler de l’intimité féminine. Dans une chorégraphie inspirée du fameux « Couvrez ce sein que je ne saurais voir » la troupe se divise : d’un côté des danseuses dévoilant leur poitrine et de l’autre, les biens pensants s’insurgeant d’une telle vue. Une représentation certes actuelle mais peu originale lorsque l’on sait que l’intimité d’une femme peut passer par une multitude d’autres subtilités que ses seins.

Dans un geste  qui résume le sujet de la non binarité, deux danseurs masculins se déclarent ensuite « fiers de danser en robe ». Dans une chorégraphie légère et terriblement élégante, les deux artistes ne revendiquent rien mais offrent sans doute la seule parenthèse sincère de l’œuvre, utilisant leurs longues robes pour se mouvoir et s’amuser comme n’importe quel autre accessoire. De la même façon que la pièce a commencé, Gloria se termine sur une longueur. Réunis sur la scène, les danseurs, dénonçant l’égocentrisme de l’homme reprennent inlassablement «  Je suis le nombril de monde » de Jeanne Moreau devant un écran plus perturbant qu’utile à la mise en scène, affichant des gros plans de ventres et de nombrils.

Une clôture d’une pièce désorganisée qui séduit pourtant le public. Dans le chapiteau rempli c’est la standing ovation. Gloria se joue à l’Espace Chapiteaux du Parc de la Villette jusqu’au 22 octobre à partir de 20h.

Visuel : Gloria ©Patrick Berger

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La Rédaction

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