Danse

Des chorégraphes mystères à Chaillot

Des chorégraphes mystères à Chaillot

21 janvier 2019 | PAR Marie Boëda

« Plaisirs inconnus » est un ensemble de cinq chorégraphies dont les auteurs sont volontairement tus. Modernes et innovants, les tableaux mettent en valeur un ballet de Lorraine éclectique et talentueux. Jusqu’au 25 janvier au Théâtre de Chaillot.

Bouleverser les habitudes en nous obligeant à regarder différemment. Cinq chorégraphes, connus ou pas, ont créé un ballet chacun pour les danseurs de Nancy. Ils resteront anonymes afin d’empêcher les préjugés d’encombrer l’appréciation du spectateur. L’idée est originale et a le mérite de nous inviter à poser un autre regard sur les créations.

On passe les premières minutes de chaque spectacle à se demander quel chorégraphe peut bien se cacher derrière. Mais la question est vite balayée.

La première chorégraphie comporte plus de chants que de danse. Difficile à interpréter pour le spectateur, elle ne dure pas 10-12 minutes comme les autres mais se décline plusieurs fois pendant la soirée. La deuxième est hypnotisante, les danseurs en jean et tee-shirt blanc représentent une sorte de kaléidoscope qui se déplace de manière compacte donnant un bel effet de groupe.

La troisième est la plus narrative et la plus émouvante. Un duo, un homme et une femme, se découvrent, font preuve de maladresse, se poussent ou perdent l’équilibre mais se rattrapent. Au niveau de l’histoire comme au niveau de la chorégraphie se pose la question de l’équilibre, équilibre qui redéfinit l’espace de la scène.

Puis on se dirige vers du néoclassique, académiques jaunes et une musique dissonante au fond angoissant. Les danseurs sont en tension jusqu’à la fin où tout s’accélère. Pour finir, une parodie ou bien une inspiration du boléro de Ravel chorégraphié par Béjart est réussie. Un couple de danseurs s’évertue à casser la monotonie des pas, certains rappelant ceux de Maurice Béjart.

Peter Jacobsson dirige le ballet de Lorraine depuis 2011. Il offre à ses 26 danseurs la possibilité de danser des œuvres parfois trop marquées par la valeur de la signature.

Quelques incompréhensions parfois dans les chorégraphies certes mais l’ensemble est stimulant et on en sort plein d’entrain. « Plaisirs inconnus » ouvre une brèche qui donne envie d’aller plus loin dans la recherche dansée.

Visuel : ©Arnaud Paul

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Marie Boëda

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