Danse
Croisements de lignes au Festival Bien Fait

Croisements de lignes au Festival Bien Fait

26 septembre 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

L’hiver, Micadanse propose un festival, « Faits d’Hiver », qui rassemble le meilleur de la danse contemporaine. Bien Fait est comme un avant-gout, à l’automne, qui pendant cinq soirées permet d’accéder à des travaux de résidents au bord de la répétition. L’occasion est là, toujours belle de découvrir des chorégraphes et des interprètes.

Hier soir, la soirée était comme le veut la tradition partagée entre deux spectacles. O.K de Florence Casanave et Maintenant, oui de Gaël Sesboüé. Un solo puis un quatuor avec un fil non écrit mais bien tendu entre les deux : la ligne. 

Pour O.K. Le O vient de zerO et le K de Killed. Il est question de combat face à ce que l’on peut nommer un agrès qui selon l’angle de vue ressemble à un ring, à des barres parallèles, à une harpe ou juste à une table.  Elle, qui est passée par P.A.R.T.S est une danseuse magnifique. Ses états de corps offrent une souplesse tenue et des courbes sensuelles.  Les cheveux lâchés et en combinaison pantalon orange, elle dégage une élégance empreinte de voracité.  O.K cherche à faire danser le son en passant de Bach à une distorsion. Tout cela est à saluer et nous pousse à suivre de près Florence Casanave. Mais, la pièce encore en travail peine encore à trouver son rythme. Après un début très bien ficelé, le pas de deux avec son objet devient monstrueux et l’avale et le spectacle devient trop spectaculaire pour retrouver son essence.

La seconde proposition, Maintenant, oui de Gaël Sesboüé est une pièce qui vient convoquer un geste classique en danse contemporaine : la direction.  Ils sont quatre, habillés de façon négligée,  comme s’ils avaient rendez-vous au studio pour répéter, ou plutôt se poser une question  : par où aller ? Dans un acte très drôle, ils prennent la mesure d’eux-mêmes à l’aide de petits bouts de scotch. Puis, comme dans l’oeuvre précédente, l’idée épuise le mouvement, qui se raréfie mais là, c’est volontaire.  Carole Perdereau, Annabelle Pulcini, Jérôme Andrieu et Alexandre Thery sont tous chorégraphes et nous montrent le secret des créations  : la quête d’un geste juste, qui se niche dans une improvisation ici parfois soutenue par un air de pop ou d’opéra.

Le festival Bien Fait propose une dernière soirée, ce vendredi avec Claire Durand Drouhin , Portrait de groupe avec femme(s) et 
Aurélie Berland Études wigmaniennes. 

Visuel : ©Alain-MONOT

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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