Théâtre
Benjamin Lazar nous propulse vers l’autre monde au Théâtre de l’Athénée

Benjamin Lazar nous propulse vers l’autre monde au Théâtre de l’Athénée

26 septembre 2019 | PAR Yaël Hirsch

A l’honneur du Théâtre de l’Athénée avec un diptyque cet automne le prolifique et talentueux Benjamin Lazar est seul en scène avec deux musiciens pour sa reprise du voyage dans la lune intégralement baroque et merveilleux, adaptation de L’autre monde ou les états et empires de la lune de Savinien de Cyrano de Bergerac. Un voyage hors de ce monde à faire absolument et sans hésitation avant de se plonger à partir du 2 octobre dans les noirceurs de sa création du Maldoror de Lautréamont.

Une bougie à la main, devant le rideau tiré, le héros de Cyrano de Bergerac incarné par Benjamin Lazar apparaît dans la pénombre et dès ses premières phrases rondes et chantantes, où chaque terminaison est prononcée dans une tradition baroque pleinement respectée. Nous sommes chez La Tour, nous sommes chez Descartes, nous sommes juste après Galilée et cette plongée dans des temps complexes, où le relativisme est une pomme de discorde et où la lumière jaillit avec une parcimonie exaltante est une merveille.

Quand le rideau s’ouvre derrière une ligne de chandelles au sol, l’ensemble La Rêveuse, Florence Bolton à la basse de viole et Benjamin Perrot au théorbe, évoluent devant leurs divers instruments (ils jouent aussi respectivement du dessus de viole et de la guitare et du luth) et oscillent entre une ponctuation du texte et une mise en atmosphère irrésistible.

De son côté, avec une échelle, un secrétaire et une chaise, Benjamin Lazar nous fait vivre pendant 1h40 ce voyage fou sur la lune où le héros nous initie aux grandes différences et à ce qu’elles disent de nous. Lazar récite, parle, gesticule, danse, incante, chante, siffle et persifle toujours juste et avec une énergie bouleversante. Comme dans un jeu d’ombres enfantines et tout étant toujours mis au service d’un texte dont on découvre les subtilités, l’intelligence et la modernité, il nous entraîne vers une lune-miroir, dans un mouvement qui est à la fois fête et repos des sens, calme clair-obscur et ardent plaidoyer.

Bref, vous l’aurez compris, si ce n’est fait, courez voir ce petit bijou qui ne ressemble à rien de votre quotidien et vous fait voyager dans l’espace et le temps en vous livrant ce que le baroque fait de meilleur.

Les 25, 28 septembre, 8 et 12 octobre, durée 1h20.

visuel (c) Nathaniel Baruch

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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