Danse
Coup d’envoi de la 18ème Biennale de danse du Val-de-Marne avec la Cie catalane La Veronal

Coup d’envoi de la 18ème Biennale de danse du Val-de-Marne avec la Cie catalane La Veronal

10 mars 2015 | PAR Camille Lucile Clerchon

Tradition oblige, c’est à Fontenay sous Bois que s’est ouvert la 18ème édition de la Biennale de danse du Val de Marne, sous le signe du «Sens migratoire».


Pendant un mois, du 5 mars au 3 avril ce sont 62 représentations qui se dérouleront dans 23 lieux du Val-de-Marne ; l’occasion de découvrir 33 oeuvres différentes qui chacune ouvrent des pistes ouvertes et singulières sur l’idée de migration, fil rouge à la fois fort et ténu qui donne à penser sous l’angle du mouvement vital, de la libre circulation des pensées et des expériences, tout un pan de la création chorégraphique actuelle.

Los pajaros muertos est une pièce créée en 2009 par Marcos Morau, fondateur de la compagnie catalane La Veronal. Cette pièce se réinvente au gré des représentations puisqu’elle prévoit la participation de performeurs et d’un orchestre, à chaque fois recruté localement. A Fontenay-sous-Bois, ce sont les étudiants de l’Ecole nationale des arts du cirque de Rosny-sous-Bois et des musiciens de l’Orchestre d’Harmonie La Lyre de fontenay-sous-Bois qui ont relevé ce défi avec brio, faisant de cette pièce très visuelle un moment de rencontre et d’échange empreint d’émotion.

Los pajaros muertos tient son nom d’une toile de Pablo Picasso, chef d’oeuvre cubiste du maître espagnol qui vécu en France pendant…72 ans. C’est la vie du peintre, entre Espagne et France, qui inspire ce travail de Marcos Morau. Los pajaros muertos, c’est aussi ici cette longue liste de figures marquantes du XXème siècle, aujourd’hui disparues, dont les noms s’égrènent au fil du spectacle et résonnent avec une intensité particulière parce qu’ils portent en eux force symboles et représentations. Mais en contrepoint, la liste des noms qui semble infinie, les représentations burlesques de processions funèbres, et la scène finale où des défunts sont entourés d’une couverture de survie aux clinquants reflets dorés, donnent une saveur tragi-comique à cette fresque.

Les tableaux se succèdent évoquant l’Espagne engoncée dans sa tradition chrétienne, la dictature franquiste, le souffle libertaire qui gagne la France, les avant-gardes d’après-guerre… La présence d’une vingtaine interprètes sur scène et de l’orchestre qui enchaine les références musicales, du pasodoble au Boléro de Ravel, électrise la salle. Les costumes et les mimiques des interprètes, animés d’une passion que l’on est tenté de nommer ibérique, donnent une couleur théâtrale à la pièce. Les quelques éléments de décors, tel cet énorme corbillard orné de couronnes de fleurs rouges, ou encore cette mobylette qui surgit en trombe, chevauchée par deux femmes nues brandissant un drapeau français, jouent sur l’éblouissement spectaculaire tout en gardant les charmes d’un théâtre de tréteau.

Los pajaros muertos prend le public par la main, sa force réside dans son énergie débordante et généreuse, aussi sombre que communicative, encore plus que dans les nombreuses références historiques et culturelles sur lesquels la pièce se base, invitant en toute simplicité à célébrer d’un oeil vif, alerte et critique, l’histoire trouble d’un siècle dont Picasso se fit l’un des plus remarquables témoins.

La Biennale réserve cette année la part belle aux artistes latins. Les catalans sont à l’honneur : si Marcos Morau a ouvert les festivités, la compagnie Mal Pelo lui a succédé avec la présentation de sa nouvelle pièce Le cinquième hiver ; on pourra voir ensuite le travail de Roser Montlló Guberna au côté Brigitte Seth ( Cie Toujours après minuit) puis celui de Toméo Vergès.

L’Espagnole Rocio Molina viendra présenter sa création flamenca Afectos. Du côté italien, on ira voir Emanuela Neli à l’Atelier de Paris et Ambra Senatore à la Briqueterie. Marlene Monteiro Freitas, cap-verdienne installée à Lisbonne, audacieuse représentante de la création lusophone présentera De marfim e carne.

Du Mexique débarque toute la troupe de Dery Fazio, à voir en famille les 11 et 14 mars à Vitry et à Fontenay-sous-Bois.

Le tango, c’est avec Claudia Miazzo et Jean Paul Padovani, qui présentent Anima, et enfin la samba, le CDC du Val de Marne nous la réserve le 3 avril, en clôture de cette Biennale au sang chaud, avec une roda brésilienne comme au pays autour du groupe Zabumba qui fera danser tout le monde!

D’ici là, nous avons tout le Val-de-Marne à sillonner! Le programme complet : http://www.alabriqueterie.com/index.php/fr/biennale-de-danse/agenda-biennale

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