Danse
Cinédanse : les deux faces du miroir de Janica Draisma à Amsterdam

Cinédanse : les deux faces du miroir de Janica Draisma à Amsterdam

23 décembre 2021 | PAR Nicolas Villodre

Une sélection de films de Janica Draisma est actuellement présentée en streaming par la plateforme de l’Eye Filmmuseum d’Amsterdam et, plus particulièrement, ses courts métrages de danse. 

Polyvalence

Janica Draisma est une artiste surdouée en bien des domaines et des activités où elle s’est impliquée depuis les années 90, qui vont du mannequinat (la jeune femme ayant été favorisée par dame nature qui l’a dotée d’une bonne bouille et d’une taille de basketteuse) à la photographie, en passant par la comédie (son ami Ritsaert ten Cate la fit s’intéresser aux techniques de l’Odin Teatret d’Eugenio Barba), le mime (elle suivit une formation à l’École Marcel Marceau) et le cinéma expérimental.

Touche-à-tout, Janica Draisma a exploré quasiment tous les genres cinématographiques : le film d’animation, avec La Balayeuse (1991) et Bala (1993), le documentaire, avec Over mijn lippen (2005) et La Chambre secrète (2020), la fiction, avec The Sound of Drumming (2001). Sa filmographie va du clip au long métrage, du format super 8 des débuts, au 16mm et à la vidéo numérique en haute définition. Elle s’implique devant la caméra et se met elle-même en scène, y compris dans le beau portrait d’Eugenio Barba qu’est aussi son film consacré au théâtre.

Cinémime, cinédanse

Elle débuta par une série de huit films courts tournés en super 8 avec peu de moyens, y créant un personnage qui ressort de la tradition pantomimique à la française, voisin de ceux immortalisés par Debureau (cf. les portraits photographiques qu’en prit Nadar), Jean-Louis Barrault (cf. le film de Marcel Carné, Les Enfants du paradis, 1945), Étienne et Maximilien Decroux (cf. le documentaires Pour saluer Étienne Decroux, 1992 de Jean-Claude Bonfanti et les émissions de télévision de l’INA et de l’Ed Sullivan Show avec Maximilien Decroux).

Que ce soit devant ou derrière l’objectif, Janica Draisma fait preuve d’inventivité. Plus rares qu’on ne croit sont les jolies filles capables d’humour et de poésie, à ce degré du moins. De prendre une telle distance avec son ego, de faire preuve à la fois de légèreté, de fantaisie et de photogénie. Dès ses premiers opus, l’artiste  est entrée dans le champ de la caméra, des deux côtés de l’appareil, pour réaliser ce qu’elle appelle des « chorégraphies cinématographiques » dans l’esprit de la « poésie visuelle ».  Singulière interprète et auteure de cinédanse.

Visuel : photogramme du film de Janica Draisma, La Balayeuse (1991).

 

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Nicolas Villodre

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