Danse

Les chutes experientielles de Michaël Allibert et Jérôme Grivel aux Hivernales

Les chutes experientielles de Michaël Allibert et Jérôme Grivel aux Hivernales

28 février 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam


Sur le papier, c’est une bombe. L’idée que dans la Collection Lambert, devant les hommes peints par Djamel Tatah, des danseurs allaient chuter et se suspendre, cela sonnait comme une très belle fête pour les 40 ans des Hivernales. Mais au contraire, l’expérience n’a pas dépassé l’étude de cas.

Tout commence bien, le public commence à entourer une installation du plasticien Jérôme Grivel, toute faites de pics métalliques. Une sculpture donc, en fer, donc les tubes aux bouts plats sont modulables. Le son de  Jacques Schaeller nous arrive comme un murmure lui aussi métallique. On entraperçoit du rock, des guitares saturées, plus tard, la voix de France Gall.

Au sol, un album photo nous allèche. On voit les trois interprètes, Michaël Allibert, Jérôme Grivel et Sandra Rivière totalement nus, comme des anges peint aux plafonds des chapelles italiennes. Ils sont échoués, le corps ballant et l’on rêve de voir « ça ».

Pour les Hivernales, dans la Collection Lambert, ils restent sages, au max en sous-vêtements, ce qui fait perdre immédiatement l’image des anges déchus. La performance est une exposition chorégraphique. Les danseurs viennent, se posent sur les tubes et s’installent dans ce qui s’apparente à une posture.
Très vite, l’idée lasse. On a beau leur tourner autour, rien ne se passe. Le travail sur la chute est un classique en cirque (Matthieu Gary, Sydney Pin, Fragan Gehlker….) comme en performance ( Ah, la boule immense d’Inferno de Castellucci). Ici, la proposition, aussi pertinente soit-elle ne dépasse pas son idée. Travailler sur la perception du corps dans un espace donné est là aussi, un classique. ( DD Dorvillier encore récemment ).

On regrette alors de ne trouver aucune radicalité là où tout était fait pour en accueillir. Pourtant, quand on part, un peu déçus, on croise une surprise sur la route, un corps échoué, qui lui a fini de chuter, quelque part entre la sortie et la librairie. On aurait adoré voir cette piste être explorée, mais quelques fois, les images priment sur le vivant.

Visuel : ©tcma

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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