Danse
« Batsheva » : beauté guerrière à Chaillot

« Batsheva » : beauté guerrière à Chaillot

28 décembre 2014 | PAR Marie Boëda

La troupe Batsheva revient sur les planches de Chaillot avec Deca Dance jusqu’au 28 décembre sous la baguette d’Ohad Naharin, le directeur artistique de la compagnie. Dynamisme et folie inondent la scène pendant une heure vingt. Batsheva est venue exposer sa manière de penser et de vivre la danse. Un moment émouvant de violence et de sensualité, magnifique esthétiquement. 

Top départ, en ronde, 17 danseurs sautent, crient et arborent une danse démente. Les danseurs sont en tenue de juifs orthodoxes et s’en délaissent petit à petit en jetant les vêtements au milieu de la salle. Un tableau décapant qui ouvre sur des scènes baignées d’énergie.

Les spectacles rappellent des scènes religieuses ou guerrières. Un Stabat Mater de Vivaldi furtif et émouvant, un Boléro revisité dans lequel deux danseuses en robe noire regardent langoureusement le public et s’en séparent avec fracas. Très vite, les costumes se transforment en habits de villes, chaque danseur a un bermuda et un débardeur coloré. Les limites du corps des danseurs sont franchies par des convulsions intenses. On s’immisce de plus en plus dans leur vie quotidienne, à interpréter librement.

Difficile quand même de ne pas penser à l’histoire encore bien vivante qui habite la terre de la troupe israélienne. Victimes ou bourreaux ? En nous entrainant dans une bourrasque sauvage, le chorégraphe Ohad Naharin glisse des bribes d’histoires de vie qui intègrent des identités différentes à travers la musique et la danse. Attachante et séduisante, la troupe est active dans le processus de paix douloureux que connaît cette terre.

En plein milieu du spectacle, les danseurs invitent quelques femmes du public sur scène. Ils dansent un cha-cha-cha décomplexé. La frontière entre le public et la scène est tout de suite plus floue. Il en découle un rapport touchant et encourageant, de quoi laisser une large place au public. Batsheva, un tourbillon de tableaux qui passe très vite et laisse une impression de force et vigueur.

 (c) photo : Gadi Dagon

 

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Marie Boëda

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