Danse
[Avignon] Pierre Rigal et Sebastien Le Guen aux Sujets à vif-Programme C

[Avignon] Pierre Rigal et Sebastien Le Guen aux Sujets à vif-Programme C

19 juillet 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

CANON ! Voilà une programmation qui vous cueille au réveil ! Le festival d’Avignon entre déjà dans sa dernière semaine, et le programme de la SACD, les « sujets à vif »  propose ce matin son programme C, brillant.

Rappel des faits : en 2008, le vif du sujet devient les Sujets à vif. L’idée est de faire dialoguer les arts dans un esprit de laboratoire.

Ce matin, la première forme était une commande au funambule Sébastien Le Guen. Il invite sur le plateau du Jardin de la Vierge le slammeur et jazzman Dgiz. Aux « machines », le musicien Jérôme Hoffman.

Il va s’agir d’une déambulation « Dans les bois » et dans un équilibre discontinu. Sébastien Le Guen, en survet’ rouge s’attaque à des bouts de bois rectangulaires et longs. Ils vacillent d’un coup de vent et lui y grimpe comme l’oiseau se pose sur une branche. Au commencement, le slameur est le souffle et le dj les battements du cœur, le circacien ne bouge pas.

Le mouvement vient vite, engagé, dans un geste qui accompagne un rap devenant acide. Il est question d’une lutte pour exister, du très symbolique acte de tomber pour mieux remonter. Dans les bois, les bêtes sauvages rodent, la bienveillance n’est pas partout.

La proposition a un rythme fou et un beau pouvoir de séduction, Le public est amené à donner de la voix comme dans un concert hip-hop, ça décoince et détend, c’est époustouflant de virtuosité !

Sans grande transition, la bande à Rigal entre en scène. D’abord pour installer deux micros et coller du sparadrap sur la scène, ensuite, ils font une seconde entrée tonitruante, se jetant l’un sur l’autre dans une baston de cour d’école. Le son est celui d’un débat télévisé mais l’ambiance est plus à une fraternité qui tourne mal par moments.  Bataille est une commande à Hassan Razak, conçue par Hassan Razak, Pierre Rigal et dansé par  Hassan Razak Pierre Cartonnet.

Les deux  gars dansent dans des gestes très mimés, et le spectacle fait immédiatement penser à Arrêts de jeu du même Pierre Rigal où les danseurs reproduisaient l’injuste défaite de la France face à l’Allemagne en demi finale du mondial en 1982. Ici, on s’entremêle, les bras et les jambes se confondent, on se tape pour faire mal,et l’on se tape pour de faux.

Cette « Bataille » vient dire les relations de potes, de frères, d’amis ou d’amants où les gestes « virils » peuvent rapidement glisser dans la violence. Rigal se joue des mots et arrive à faire éclater de rire le public. Alors que l’un est « en sang », l’autre lui demande avec une voix de gosse : « ça va ? ».

La violence se fait légère, les séparant comme si ils étaient des anges.

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Visuel : (c) ABN

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