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« Over the cloud », la 26e promotion du Centre National des Arts du Cirque prend sa route vers les étoiles

« Over the cloud », la 26e promotion du Centre National des Arts du Cirque prend sa route vers les étoiles

29 janvier 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

C’est somme toute un exercice calibré, assez classique. Il s’agit de montrer, au terme de la plus exigeante des formations en cirque française, le CNAC, ce que les élèves ont dans le bide. Pour le spectacle de fin d’étude de la 26e promotion, le jongleur Jérôme Thomas a pensé un projet qui permettrait aux élèves de montrer toutes leurs technicités.

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Over the cloud n’est pas un très bon spectacle. Il manque sérieusement de rythme, amène des  numéros de façon artificiellement radicale, et on ne prend pas au jeu trop simpliste de ces étudiants masqués qui tout au long de la pièce vont assumer leur statut d’artistes et apparaître à nous visage découvert.

Over the cloud est un spectacle de fin de travail. La fin d’un parcours. Ce que nous avons devant nous, c’est le futur. Morgane Bonato, Quentin Claude, Danilo de Campo Pacheco, Juan Ignacio Tula, Stefan Kinsman, Chiaria Marchese, Chloé Mazet, Luis Miguel Cajiao Oviedo, Jonathan Charlet, Alastair Davies et Jules Trupin sont les futurs très grands. On les retrouvera bientôt sur les plateaux les plus célèbres.

Ce qu’il donne à voir c’est une pluralité et une technicité à toute épreuve. Ils font corps, les huit ensemble, dans une tentative de chorégraphie qui peine à démarrer. C’est quand ils touchent à leur art qu’ils excellent. Tous sont éblouissants. Les faux jumeaux Alastair Davies et Jules Trupin à la Bascule coréenne ou Juan Ignacio Tula et Stefan Kinsma à la Roue Cyr sont des exemples de fragilité maîtrisée. Il s’agit ici de marcher vers les nuages, de prendre son envol. Alors ils grimpent. On fond pour l’équilibre si léger de Chiara Marchese sur Fil souple et pour les toujours époustouflants numéros de corde, ici deux cordes lisses et un tissu.( Morgane Bonato, Danilo de Campos Pacheco et Chloé Mazet)

On s’amuse beaucoup de ne pas les voir jongler pour vrai, laissant retomber leurs balles dans un principe de Newton sans cesse revisité. Ils sont quasiment toujours tous présents sur scène, dans un mouvement perpétuel. Dans un entretien réalisé par Cyril Thomas, Jérôme Thomas et Martin Palisse racontent : « Le « cirque à nouveau » est une démarche collective qui se concentre sur une singularité circassienne : l’agrès ». Il s’agit ici de le redéfinir et de le placer toujours dans une interaction avec l’autre.

Ce qui fonctionne à plein régime dans cette promotion c’est l’harmonie qui se dégage de l’ensemble. Les numéros sont soutenus par les autres qui viennent stabiliser un fil ou maintenir une corde. Il y a aussi des éblouissants numéros d’acrobatie, notamment du voltigeur Luis Miguel Cajiao Oviedo.  On suivra de prés Stefan Kinsman à la Roue Cyr qui a en lui une radicalité empreinte d’une douleur.

Visuel : ©Christophe Raynaud de Lage

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