Musique
Trois bonnes raisons d’aller aux Primeurs de Massy

Trois bonnes raisons d’aller aux Primeurs de Massy

06 novembre 2019 | PAR Anne-Sophie Bertrand

Du 30 octobre au 2 novembre, se tenait le Festival des Primeurs de Massy au centre culturel Paul B. Pendant 4 jours se sont succédés sur les deux scènes une vingtaine d’artistes présentant leur premier album : Voyou, Suzanne, Miel de Montagne, MNNQNS… Au tour de Sandor, Mohamed Lamouri & Mostla Group, Pépite, Trans Kabar et La Fine Equipe de clore cette 21ème édition. Il y a de véritables raisons pour braver le temps maussade de la capitale, direction le 91 !

La convivialité

La voiture s’enfonce dans une petite allée résidentielle discrète, on arrive devant un bâtiment boisé auquel on ne s’attend pas. Vous êtes arrivés. Le lieu semble confidentiel, néanmoins l’atmosphère est conviviale. Un groupe d’amis finit les cigarettes entamées, échangent des « bonjour ! » avec les passants. On se sent directement à l’aise avec cet environnement, bien loin de la majorité des festivals de musique généralement plus froids. Passé la billetterie, la sécurité tamponne notre poignet d’un petit cœur : « c’est pour être sûrs que vous soyez avec nous ! » s’amuse la personne en charge du contrôle. Le ton est donné ! 

On se faufile dans la salle commune, les conversations résonnent. Certains sont attablés, d’autres attendent leurs crêpes salées qui sentent délicieusement bons ou commandent leurs verres au bar. Il y a du monde, beaucoup de monde pour cette soirée de clôture. Les éclats de rire et la joie raisonnent dans cet espace qui a été méticuleusement revisité cette année par Merhyl Lévisse. Mais finalement, ce que tout le monde attend c’est la musique !

Un vivier de talents 

Pour cette dernière soirée à Massy, c’est Sandor qui ouvre les festivités. L’acoustique du Centre Paul B permet de donner toute la puissante à la volupté de la voix de la chanteuse suisse. L’ambiance est feutrée s’approchant au plus près de l’univers de cette artiste qui nous mène de la passion à la nostalgie à travers ses histoires de séduction, de désir et d’amour. Elle est parfois un peu crue dans des morceaux comme Tu disais, puis s’amadoue dans Bar de nuit, et se met quasi à nu dans Rincer à l’eau : Au premier contact j’ai vu dans tes yeux / Des flammes, des bombes, des rockets et du feu / Comment j’ai pu tomber si bas / Amoureuse éperdue de toi.

Autre salle, autre ambiance. C’est Mohamed Lamouri & Mostla Group qui entrent en scène. Et on ne peut faire qu’aimer. Sa voix, les instrus et la bonne humeur nous donnent envie de voyager. On largue les amarres et se laisse transporter par des sons raï et groove, sur lesquels tout le public s’anime comme sur Jamais Nensa Le Souvenir, Khellitini Njari Maurak, ou encore Sbart Ou Tal Abadi.

On referme les yeux et ce sont les balades électro-pop de Pépite qui nous font mettre le cap vers une sorte d’insouciance. Le groupe nous garde sur un bateau sur lequel basse, batterie synthé… font naître la houle dans nos têtes avec des sons comme Zizanie où le groupe nous livre une instru totalement folle, beaucoup plus rock en live, que celle de l’album. Et notre cœur chavire grâce à certaines sonorités que l’on retrouverait chez Christophe, Tame Impala ou encore Beach House.

 

S’en suit, Trans Kabar. Loin de tous les univers musicaux qui ont précédé, le groupe nous offre une mélodie atypique par laquelle on entre dans une sorte de transe progressive, toute droite venue de la poésie créole et des influences indiennes, notamment réunionnaise : le Fonnkèr. Difficile de mettre une étiquette sur ce Quartet qui regroupe guitare, contrebasse, batterie et kayamb. Musicalement, c’est le groupe qui apporte le plus de finesse et de nouveauté, hors-norme et porté par la voix transcendante et électrisante de Jean-Didier Hoareau.

La série de concerts se termine par un live de La Fine Equipe. Quatuor français qui sévit depuis une dizaine d’années. Ici, ils présentent leur album 5th avenue avec les mêmes influences électro, hip-hop et trap complétées par des rythmes funk et house, toujours aussi prenantes et sur lesquelles le public ne peut s’empêcher de danser. La Fine Equipe nous rend simplement heureux de morceau en morceau avec 5th Season, Maluca ou encore Nobu. Accompagné par un light design qui nous fait penser à un pad controller, rien à dire tout est maîtrisé !

Une acoustique exceptionnelle

Les salles du centre Paul B permettent une véritable proximité avec les artistes. Elles sont à taille humaine, offre un privilège et une qualité d’écoute et de performance rarement constatés. Le lieu s’adapte totalement à la volonté du festival : permettre aux artistes de présenter leur premier album dans des conditions optimales.

Retour au foyer commun, où l’on retrouve les artistes, les professionnels de la musique et le public encore déchaîné. Un DJ arrive, la soirée continuera certainement jusqu’au bout de la nuit…. On quitte le festival le cœur serré, fredonnant les airs passés et se promettant qu’on ne loupera plus aucune édition !

A lire également : Christian Maugein : « Les Primeurs de Massy sont caractérisés par la fougue, la nouveauté et la passion de la jeunesse »

Visuels : ASB

 

 

 
 
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Anne-Sophie Bertrand

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