Classique

Martha Argerich et Sir Antonio Pappano à la Philharmonie !

Martha Argerich et Sir Antonio Pappano à la Philharmonie !

06 novembre 2019 | PAR Jules Bois
Ce lundi 4 novembre, avait lieu à la Philharmonie un concert réunissant Martha Argerich au piano et Sir Antonio Pappano à la direction de l’Orchestra dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia, pour un Concerto pour piano n°1 de Liszt et la Symphonie n°2 de Schumann. En guise d’ouverture, celle de l’opéra Euryanthe, de Carl Maria von Weber.
Tout sourire, le chef d’orchestre Sir Antonio Pappano entre sur scène. Sans détours, après de brefs applaudissements, l’Ouverture d’Euryanthe est lancée. Cette ouverture à l’italienne d’un opéra romantique allemand, Euryanthe, est bien plus souvent jouée que l’opéra dans son entièreté. Il faut dire que la pièce est une merveilleuse introduction à un concert. Très chantante et entraînante, avec un Largo aux violons poignants, et une troisième partie enthousiaste, cette courte ouverture condense exaltation et états d’âmes typiques du romantisme allemand. Le chef était tout aussi passionné et passionnant. Insufflant un rythme soutenu à l’orchestre, on pouvait l’entendre fredonner avec ardeur le thème, trépignant d’enthousiasme.
 
Très attendue, surtout pour un concerto de Liszt, Martha Argerich faisait son entrée. Une fois assise, Sir Antonio Pappano lui jette un regard appuyé et entendu, et le coup de baguette est donné.
Dès les premières notes, on reconnaît immédiatement le thème si familier de ce Concerto pour piano et orchestre n°1 de Liszt. À l’énonciation de cette pièce et de la pianiste interprète, une peur nous guette : que le piano de Martha Argerich nous fasse oublier la partition orchestrale. Mais l’écueil est évité, et l’on se rend compte de la trivialité de cette inquiétude. On se délecte de chaque intervention solo du piano. La fluidité pianistique de Martha Argerich, faisant passer les passages les plus difficiles et virtuoses comme « allant de soi » surprendra toujours. Piano et orchestre étaient si bien coordonnés, la complicité du chef d’orchestre et de la pianiste sautait aux yeux. La réussite du troisième mouvement Allegretto vivace – Allegro animato où se manifeste le mieux le dialogue promis entre orchestre et piano en était la preuve la plus criante.
 
En deuxième partie de concert, venait la Symphonie n°2 en ut majeur de Schumann. Composée en 1845, Schumann en disait « Je crains qu’on puisse deviner mon état de fatigue en écoutant cette musique. J’ai commencé à devenir un peu plus moi-même au cours de la rédaction des derniers mouvements et j’étais certainement en meilleure forme à l’achèvement de mon œuvre. Cela me rappelle une période sombre de ma vie ». À contrepied de cette conception originelle, Sir Antonio Pappano en offrait une interprétation nerveuse et vivace mais pas bâclée, quoique sans trop de détails mais à la forme impressionnante. Dans cette interprétation, le troisième mouvement, Adagio espressivo en était d’autant plus bouleversant, comme un calme tragique dans la tempête. On peut féliciter la performance du premier violon, Massimo Quarta et aussi particulièrement celle du violoncelliste Luigi Piovano, au jeu passionné, qui perdait d’ailleurs un à deux crin de son archet par mouvement.
 
L’orchestre et son directeur, très applaudi, nous a régalé en bis d’un court et charmant passage orchestral, la troisième suite de Danses et Airs anciens de Respighi. Encore abondamment applaudi, Sir Antonio Pappano revient, et lance, sans concertation, un second bis, tout sourire. L’orchestre y répond immédiatement, avec un sourire complice en retour, pour nous jouer un extrait de La Gioconda de Ponchielli. Hilare, il engage finalement l’audience à quitter la salle. Un concert au rythme très animé par la gaité du chef d’orchestre !
 
Visuel : © Claire Gaby 
 
 
 
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