Musique

The Voice II : Fanny goes to L.A

The Voice II : Fanny goes to L.A

28 février 2013 | PAR Aaron Zolty

Dans la première chronique, Sympathie pour le diable, on découvrait une âme rock et rytm’n blues en baskets rouges derrière un piano noir martelant le titre le plus soul des Rolling Stones : Antoine Selman qui fit jamer (prononcer djamer) le jury et emporta l’unanimité, tant il était nature. On découvrait également que si Tf1 jouait la carte de la diversité musicale, sociale et de l’âge, ouvrant ainsi larges les portes des populations télévisuelles, le passage du Nil se traduirait par « tu chanteras bel et bien du Callogéro et du Mika, du Bruno Mars voire 1789 mon enfant ». Lendemains de fête, les élus des deux premiers épisodes nourissent leurs followers, leurs pages fans, font les couv et les pages intérieures de contenus des mag TV, alimentent les blogs d’auféminin.com, de Morandini et de Closer. Certains appellent ceci la gloire. Et plus pudiquement : une mise en visibilité.  La machine ronronne à pleins tubes. La télévision alimente la télévision. Wat TV rentabilise les rediffs à coups de minutes publicitaires plus longues que des mikados. Et le tweet du plus fort reste toujours le meilleur. Sur scène, Fanny se sent loin de L.A., de Frisco, reprenant d’un grain de voix, subtil comme un café noir, Nicolas Peyrac. Sommes-nous loin de Los Angeles petit ange avec béquille ?

 

Big Brother aborde la voix royale. Seule. Inconcurrençable. La première chaîne est reine depuis que la Starac et La Nouvelle Star ont réalisé leurs finales. Produit haut de gamme sur le plan production, produit socialement hype, véritable foyer d’infections virales tous azimuts, The Voice réalise le modèle globale économico-artistique le plus pointu : base de données monumentale, produit de la complexité des réseaux, des contenus, des snippers web – naturels et professionnels, des concurents (NRJ et D8) qui via leurs stars téléphages et leurs émissions scrutatrices accueillent les lauréats, donnent leurs coups de cœur (c’est ici le plus grand « coup » médiatique de Tf1 – se faire buzzer par les chaînes concurrentes – des magazines papier TV qui consacrent leurs faibles contenus à l’émission phare et ses épiphénomènes. Face visible de l’iceberg. Mais il faut prendre en considération la partie cachée de l’iceberg.

Soit une émission musicale mettant en scène une compétition de prestige entre artistes de 16 à 40 ans avec un spectre large de chansons,

soient des artistes représentant tous ces styles et la variété nationale,

soient des équipes constituées de « fonds de commerce » stables (deux trois chanteurs professionnels, cinq six purs rockers, deux trois chanteuses de soul RnB, quelques ovni musiciens) permettant d’assurer le spectacle – si certains pensaient que l’on recrutait dans une file d’attente, ce n’est et ce ne peut être le cas, qualité  et durée obligent –

soient des pages FB et des tweetos autant génériques que particuliers (The voice, Louis Bertignac, Jennifer, Garou, Florent Pagny …)

soient des relais médias sur les chaînes concurrentes via Morandini et Cyril Hanounah (leurs blogs et leurs sifflements #)  , eux-mêmes présents aux matinales des radios (c’est bon le cumul)

soient d’autres relais médias papier (appelés magazines)

soient les relais naturels (appelés encore : spectateurs) qui nourrissent leurs pages des infos précédentes,

soit une page par artiste avec un compte « oiseau siffleur »

soient d’ex étoiles de The Voice number one engagées pour balayer la toile de leurs commentaires et leur soutien

Soit un système de rediffs sur Wat Tv à forte plus value publicitaire

Donnez le pourcentage possible d’échec d’une telle émission.

Oui, nous sommes en pleine phénoménologie de l’araignée. Qui du signifiant ou du signifié, qui du contenant ou du contenu fut créé le premier ? Nous avons tous une petite idée sur la question.

Dans ce brouhaha immense médiatique corrolé aux websnippers, entre la fille de Bernard T, le retour de Machine ex-diva d’une comédie musicale, le coup du pianiste soul qui fait fondre le jury pour cause de réincarnation de Ray Charles (qui habite déjà Sophie-Tith héroïne de 16 ans de la Nouvelle star 2013), voici Fanny. Elle chante Nicolas Peyrac. So far away form L.A., so far ago from Frisco. Elle pose sa douce puissance vocale, interroge notre ombre nostalgique appuyée sur sa béquille. Tellement humaine. Tellement la vie. Tellement black pop. Dans la valse célèbre des mains du jury qui hésite, pose sa main, la retire, la repose, regarde son voisin, ridicules, Jennifer appuie, sourit, l’emmène avec elle. Si les castings et les battles sont enregistrées depuis belle lurette, les qualifiés n’entreront en lice que d’ici quelque quatre semaines. Puis, viendra la grande fossoyeuse des votes, mêlés à l’avis du jury, mécanique qui a fait ses preuves. Considérant tous les effets web et médias du paragraphe précédent, quelle chance une chanteuse nommée Fanny, les yeux tournés vers San Francisco, un grain de café dans la voix entre Suzanne Vegas et Peggy Lee, reprenant un pur chanteur des années 70, une seule coach l’ayant choisie, a-t-elle de chances de réaliser le rêve de la Baie des Anges de la côte West américaine ? celle de la musique, toute la musique qu’on aime ? A suivre.

Et notre Antoine Selman ? quand le reverrons-nous ? En battle. Et j’ai hâte comme une midinette de revoir sa bouille blonde, sa tête légèrement penchée défaire tous les jeux. Quelqu’un qui chante les Stones, vit de prestations dans les pianos- bars ne peut être mauvais. C’est dit, j’irai hanter les studios d’AB productions, voir le fond des choses. La forme, nous la vivons au jour le jour. Je vous l’annonce tel que je le sens aux vues des premières émissions : une fois les divas sorties, la guerre des pianistes aura bien lieu cette année. Fanny, on t’aime ici. Mais, va à Los Angelès. Tu le vaux bien.

 

A dimanche matin.

 

Richar Kiss

 

 

 

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Aaron Zolty

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