Musique

Sziget, point d’étape #3

11 août 2011 | PAR Mikaël Faujour

Alors que vient de s’achever le set enthousiaste de Ben l’Oncle Soul et qu’approche celui de La Roux, un point sur les dernières heures et surtout la soirée d’hier. Le choix était ardu, puisque entre 19h et 22h, jouaient Within Temptation, Interpol, Empire of the Sun, Interpol, Motörhead, Afrocubism et Pulp. D’où le premier commandement du festivalier : tu ne planifieras pas (ou guère trop). La surprise vient toujours d’où on ne l’attend pas – et, à l’inverse, le déjà connu a parfois quelque chose d’insipide.

Within Temptation et sa belle chanteuse Sharon den Andel ouvraient la soirée sur la scène metal avec sa musique goth/sympho et mélodieuse à souhait. Cela ravit les fans – et il faut dire que la chanteuse est généreuse et le groupe à l’aise, mais cela manque tout de même singulièrement de mordant. Direction Interpol, donc. On ne saurait dire beaucoup mieux des Nouillorcais, dont la performance ravive des lointains souvenirs de Xanax. A se demander si, au fond, Interpol n’est pas tout simplement un groupe surfait.

Ca décolle vraiment sous la tente – trop exiguë – du Burn Party Arena avec les Australiens merveilleux d’Empire of the Sun. La pop psychédélique des gars de Sydney attire une foule compacte et nombreuse, débordant hors des limites d’une tente trop exiguë pour eux. A dire vrai, ils auraient, davantage qu’Interpol, mérité de jouer sur la grande scène. Show dément avec costumes, danseurs, projections sur écran et of course une musique inspirée et imparablement dansante, qui laisse espérer le meilleur pour un deuxième album que l’on attend depuis maintenant près de 3 ans.

Avec Motörhead, comme l’explique une amie, « on ne s’attend à rien, mais on n’est jamais déçu ». Lemmy et ses deux gars font ce qu’ils savent le mieux faire : un punk metallisé, râpeux, rapide et hargneux. La foule, là encore, est nombreuse et dense dans un espace trop étroit (et on imagine déjà le bordel avec Judas Priest ou Deftones les jours prochains…). Le groupe conclut en rappel avec l’incunable « Ace of Spades ». Olé.

Pulp ? Après tout, peu importe, j’ai jamais été fan ni du groupe ni de britpop en général. Direction Afrocubism, donc. Installé, pépère, aux tables d’entrée du French Camping, je déguste la bande cubano-africaine comme un bon verre de vieux whiskey. Rythmes latins et ouest-africains se marient avec une classe pure et sans chichi qui forcent le respect (et les mouvements de hanches).

Vient ensuite le temps de l’errance… et d’une des plus belles surprises du moment : sous la tente gay-friendly du Magic Mirror, un show entre cirque et cabaret. Une chanteuse à l’élégance décatie et à la voix grave et profonde, à mi-chemin entre L’Ange bleu et Régine, fait office de MC, introduisant les diverses performances d’acrobates et danseurs, ponctue le show de reprises (« Rehab » en hommage à Amy Winehouse, « Goldfinger » de John Barry/Shirley Bassey ou encore « Light My Fire » des Doors). Danses chorégraphiées de cowboys aux torses imberbes, acrobaties stupéfiantes d’un duo ukrainien, puis d’une contorsionniste défiant la pesanteur avec une grâce éblouissante, dansant sur une corde tirée à la verticale en mouvements aussi délicats que fascinants, sur fond de Maria Callas, à qui son numéro rend hommage.

Bon, y’a encore beaucoup à dire. J’y reviendrai plus tard. La soirée débute déjà et La Roux là-derrière a déjà entamé son set.

Recevez, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.

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Mikaël Faujour

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