Musique
Still. There’s Hope : L’ hymne libérateur de Victor Solf

Still. There’s Hope : L’ hymne libérateur de Victor Solf

30 avril 2021 | PAR Clara Bismuth

Après une mixtape percutante sortie au mois de juin (12 Monkeys Mixtape), l’ex-membre du groupe HER, dévoile aujourd’hui un premier album solo, à écouter sans modération : Still. There’s Hope.

Victor Solf et Simon Carpentier avaient déjà séduit dès 2015 leur public avec leur projet très abouti : Her. Une pop électro enrobée d’une white-soul et d’ambiances new wave, venait alors se loger dans toute votre anatomie pour vous propulser dans leur univers éclectique. Un projet plein d’avenir, mais malheureusement interrompu par le décès de Carpentier. Malgré ces douleurs et les dernières difficultés liées à la pandémie, Victor est un artiste optimiste, tourné en permanence vers l’espoir et la création de messages positifs. Avec ce projet solo, il dévoile une oeuvre de maturité, attentive aux détails et aux états de commotion qu’elle suscite.
Enregistré en plein confinement, Still. There’s Hope est un premier album audacieux. Entre des mélodies un brin mélancoliques, une partition sublime piano/voix, et une pop solaire carrément dansante, Victor Solf façonne un paysage onirique où l’on ne s’ennuie pas. Influencé par Elton John, Father John Misty, Moses Sumney, ou encore les oeuvres d’animation japonaises, nous avons souhaitez en savoir plus sur l’artiste et ce premier opus iconique. 

CB : Comment vous est venu l’idée de cet album ? On y retrouve pas mal de boucles qui se répètent et donnent mouvements et profondeur à vos textes. La période actuelle, où nous nous efforçons d’être créatifs malgré des contraintes physiques a t-elle eu un impact sur ce dernier album ? 

Victor Solf : J’écris et je compose en continu, et ce depuis la fin de Her. Cependant j’ai jeté à la poubelle pas mal de démos pour repartir de zéro au moment du premier confinement. Ce n’était plus ce que je voulais faire, j’avais le recul de mon premier EP solo « Aftermath ». Cette période a été pleine de contraintes pour moi, notamment techniques puisque je n’étais pas chez moi et n’avais qu’un piano (désaccordé au début) et mon ordinateur pour composer. J’ai fini par écrire un titre par jour. Finalement, après avoir été d’abord paralysé par la situation, j’ai fini par me réfugier dans un studio improvisé et beaucoup écrire ce qui a probablement sauvegardé ma santé mentale et m’a donné un objectif.

CB : On sent un véritable parcours créatif et minutieux entre la partition piano, et votre voix. Beaucoup d’éléments se complètent, se répondent et se bousculent dans vos compositions, ce qui génère une harmonie fantastique, notamment sur DON’T FIT et HOW DID WE. Pouvez-vous nous en dire plus ? 

VS : J’écris mes chansons exclusivement au piano/voix au début. C’est la colonne vertébrale de tous les titres. Je commence presque toujours par composer une mélodie au piano puis vient une ligne de voix. Parfois je me souviens de mélodies composées longtemps auparavant au piano, tout est dans ma tête. Puis j’y reviens, je la fait évoluer. Au final j’aime la musique classique pour les harmonies mais aussi la pop musique dont je m’inspire pour les accords. La voix est mon second instrument principal et doit s’accorder parfaitement avec le piano, l’un sert l’autre. Une bonne chanson est selon moi une ligne de voix qui se retient. Si une chanson fonctionne avec si peu qu’un piano et une voix, c’est déjà presque réussi. 

CB : On sent que cet album est une oeuvre de maturité. Comme pour vos derniers clips, vous êtes allé puiser dans les petits détails qui font la différence. Quel fut le processus de travail et vos ambitions sur ce projet ? 

VS : J’ai toujours admiré les artistes qui parvenaient à créer une cohérence entre leur musique et leur image (daft punk et justice notamment). Surtout aujourd’hui où l’image compte heureusement ou malheureusement, autant que la musique. Pour ma part j’ai d’abord enregistré tout l’album avant d’en dégager un thème principal puis un nom d’album. C’est à partir de ce moment-là que la réflexion sur l’ensemble de la direction artistique image a pu commencer avec mon équipe, notamment Liswaya mon fidèle collaborateur et réalisateur de tous mes clips.

CB : Gorgé d’influences soul, pop et gospel, il y a presque une dimension mystique, une sorte de transe qui s’installe. Pouvez-vous nous en dire plus ? 

VS : Ce sont des genres musicaux qui me portent et m’inspirent au quotidien. J’aime profondément la musique qui vient de l’âme, sincère et puissante. A vrai dire j’aurais du mal à faire de la musique autrement, quitte à ce que cela ne plaise pas. En tous cas j’essaye de parler d’émotions et c’est une chance de pouvoir partager cela au quotidien dans mon métier avec les gens.

CB : Quels sont les artistes qui vous ont inspirés pour cet album ? 

VS : Cela va de Father John Misty à Kanye West, Unknown Mortal Orchestra, Frank Ocean ou Elton John.

CB : Peux-ton dire que Still. There’s Hope est en quelque sorte l’aboutissement de votre résilience vis à vis de Her ?  Une sorte de renaissance paisible et tournée vers la joie ? 

VS : On peut le voir comme ça. J’ai toujours été quelqu’un de tourné vers la vie et l’optimisme, cet album ne renie pas la souffrance mais est un message d’espoir pour moi et j’espère pour ceux qui l’écouteront.

CB : Si vous deviez choisir un personnage de fiction pour vous représenter aujourd’hui, qui seriez-vous ? 

VS : De manière générale tous les héros de mangas qui sont en général très positifs, même dans le combat. J’aime bien le personnage d’Akira

CB : Avec UTOPIA, vous portez une sorte d’hymne universel pour la liberté ? Ça représente quoi pour vous ? 

VS : Tout. J’ai fait en sorte depuis toujours de pouvoir mener ma vie comme je l’entends, avec les risques que cela comporte. A 18 ans je tournais dans le monde entier et prenais mon premier appartement. Contrairement à ce qu’on pourrait penser ce n’est pas toujours simple de choisir cette vie mais je ne la changerai pour rien au monde.

CB : Avec Still. There’s Hope, on découvre un album aux reliefs très riches et variés. Si vous deviez peindre ou photographier ce paysage, il ressemblerait à quoi ? 

VS : C’est vrai que ma musique est assez éclectique et que je n’arrive pas à choisir entre une ballade piano/voix à la « someone else » et un morceau ultra dansant comme « how did we ». A l’époque des Beatles ils étaient super libres de tester des univers différents et cela ne choquait personne. J’ai envie de croire que c’est encore possible aujourd’hui. C’est probablement un paysage onirique où des cerisiers en fleurs pousseraient au milieu de l’océan bordé de falaises abruptes par exemple?

CB : Ce qui vous à fait le plus kiffé lors de ce projet ? 

VS : Peut-être enregistrer tout en live avec mon équipe de musiciens: Guillaume Ferran, David Spinelli, Mathieu Gramoli et Sylvain de Barbeyrac au son. La musique c’est une aventure humaine avant tout

CB : Je sais que vous être un grand fan d’Elton John, et d’ailleurs cela s’entend sur votre album. En 2018 vous interprétiez magnifiquement ROCKET MAN. Pensez-vous à l’avenir sortir une autre cover de l’artiste ? 

VS : Pourquoi pas bien sûr

CB : Dans votre dernier live vous dîtes être fan des films d’animation japonais. Qu’est ce qui vous plait dans cet univers ? Vous 3 plus grands classiques du genre à nous faire découvrir  ? 

VS : Alors ça serait surement Akira de Katsuhiro Otomo, la série One Piece de Eiichiro Oda, et pour finir Berserk de Kentaro Miura.

CB : Comme Elton John, vous semblez être très soucieux des tenues que vous portez. Le costume de scène et ce qu’il incarne, représente quoi pour vous ?

VS : Il est très important car il me permet de me mettre dans la peau d’un personnage, sur scène notamment. 

CB : L’artiste que vous souhaitez nous faire découvrir en 2021 ?

VS : Très certainement le groupe texan Khruangbin.

CB : Une dernière chose que vous souhaitez partager ? 

VS : Écoutez mon album et venez me voir sur scène le 6 Octobre à La Cigale :)

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Clara Bismuth
Rédactrice pour le magazine Toute La Culture depuis mars 2018, principalement dans les rubriques Musique et Cinéma.

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