Musique
Stephan Eicher « Engelberg » : 30 ans déjà !

Stephan Eicher « Engelberg » : 30 ans déjà !

03 octobre 2021 | PAR Jean-Christophe Mary

Enregistré en 1991 dans le Casino du village suisse du même nom, « Engelberg » n’est pas le premier album de Stephan Eicher, mais sera celui de la révélation au grand public, celui de la consécration. Album aux tubes incontournables « Déjeuner En Paix », «Pas d’Ami (comme Toi) » et « Tu ne me dois rien », « Engelberg » fête aujourd’hui ses trente ans.

D’un grand père tzigane, le chanteur helvète issu de la génération punk de la fin des années 1970 a hérité le culte de l’errance et probablement le goût d’enregistrer dans les forteresses, les hôtels qu’il aime transformer en studio mobile. A seize ans, il s’enfuit de chez lui, traine à Hambourg, à Bologne, monte des groupes sans lendemain (Noise Boys avec son frère et Lilliput). De 1980 à 1989, il enregistre 4 albums interprétés indifféremment en anglais, français et allemand et portés par la new-wave et l’electro des 80’s. Grâce à deux tubes « Two People in a Room » (« I Tell This Nigh »t 1985) et  « Combien de temps » (« Silence » 1987) le succès d’estime et le noyau de fans sont déjà au rendez-vous.

Engelberg, ou la renommée

Mais le succès populaire et la reconnaissance du grand public viendront de la rencontre entre Stephan Eicher et Philippe Djian lors de Rapido, l’émission d’Antoine de Caunes. A partir de 1989, le romancier écrira les textes de toutes les chansons françaises. Philippe Djian lui taille sur mesure de petites histoires avec ce quelque chose d’intime et d’infini qui ressemble à une échappée marquées tantôt par des rythmiques bluesy voir plus rock, émaillées de ballades émouvantes. L’alchimie entre ces deux là fonctionne bien. C’est un peu comme si Neil Young rencontrait Raymond Chandler et John Fante. Harmonies blues, climats ambiants, les 12 chansons regorgent de textes sensuels et percutants, tournés vers l’intériorité des règlements de comptes conjugaux. S’ouvrant sur une mandoline, un claquement de caisse claire vite rejoint par un lessivage de guitares acoustiques et électriques, « Wake Up » donne le ton à l’album avec ce son sec, vif et teigneux. Côté textes, les mots pleins de spleen et de mélancolie se fondent parfaitement aux mélodies avec une certaine pudeur. Inondant les radios FM « Déjeuner en Paix » envoutera les auditeurs avec sa cette mélodie obsédante, cette caisse claire qui claque, cette basse lourde derrière des cordes ondulantes qui zigzaguent en contrepoint. Avec ce nouvel univers rock et sa voix marquante, il était évident que ces pop song allaient frapper aux portes de la célébrité. Résultat : plus de deux millions d’exemplaires écoulés.

La fin d’une histoire

Mais les belles histoires finissent parfois mal. L’hôtel fétiche dans lequel Stephan Eicher avait enregistré son célèbre album éponyme, allait être détruit début 2001. La veille, Stephan Eicher animait la dernière soirée avec les membres du Lost and Found Orchestra. Le lendemain, les bulldozers rasaient tout. Attaché à ses racines, Stephan Eicher est revenu à Engelberg fin août 2021 avec ses musiciens et techniciens pour y célébrer l’anniversaire des 30 ans l’album et revivre un peu cette histoire. Un moment de bonheur qui on l’imagine a du être l’occasion d’un agréable « déjeuner paix». 

Disc 1

  1. Wake Up
  2. Pas d’ami (comme toi)
  3. Move Closer
  4. Déjeuner en paix Philippe Djian
  5. Easy
  6. Hemmige 
  7. Wicked Ways
  8. I’m So Lonesome I Could Cry
  9. Es ist alles
  10. Tu ne me dois rien
  11. Come on Home
  12. Djian’s Waltz

Disc 2

  1. Wake Up (Demo)
  2. Pas d’ami (comme toi) (Demo)
  3. Move Closer (Demo)        
  4. Déjeuner en paix (Demo)
  5. Easy (Demo)
  6. You Don’t Have To Look (Demo inédite)
  7. Wicked Ways (Demo)        
  8. Château Marmont
  9. I Will Wait Here (Demo inédite)
  10. Tu ne me dois rien (Demo)       
  11. Come on Home (Demo)
  12. Djian’s Waltz (Demo)       
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Jean-Christophe Mary

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