Musique
Rover : le vagabond pudique

Rover : le vagabond pudique

06 avril 2012 | PAR Francois Colombi

Avant de partir sur la route des grands festivals, Timothée Regnier alias Rover était en concert au Scop’Club. Célèbre pour son titre Aqualast, le guitariste participait à une soirée organisée par l’Adami. C’est dans ce contexte que nous l’avons rencontré.

Comment as-tu choisi ton nom de scène : Rover ?

En premier lieu j’aimais le mot et le son qu’il porte. J’étais encore au Liban que ce nom m’obsédait et tournait déjà dans ma tête. Tout comme mon nom de famille, il y a deux « R » aux extrémités du mot, et cela m’a séduit. J’appris par la suite que ce mot en anglais signifiait vagabond, vadrouilleur et je dois dire que j’ai été assez charmé par cette image. Quand j’étais petit, mon père possédait une Rover et j’aime bien le côté vieille bagnole, celle qui ne marche pas et qui est un peu rouillée. C’est un peu tout ça Rover.

 

Tu possèdes toujours ta guitare Epiphone 3 35 rouge un peu à la « Chuck Berry », tu n’as pas envie d’en changer ?
Je n’ai pas que celle-là, j’ai aussi une Rickenbacker avec laquelle je jouerai ce soir. J’aimerais bien changer pourquoi pas, mais pour l’instant j’aime bien prendre une guitare et l’user jusqu’au bout. C’est quand elle est bien sale et bien rouillée qu’une guitare sonne mieux. Pour moi, c’est un objet du quotidien qui comme un vase chez certaines personnes décore une pièce. Tu la pose dans un coin ou sur un mur et c’est joli, car une guitare reste un bel objet. Mais inutile de la sacraliser et de refaire sa déco dans le style « Clapton, guitariste à la retraite » avec tous ses trophées sur une étagère.

Quand tu arrives sur scène seul avec juste une voix/une guitare, qu’est-ce que tu ressens ?
De la peur bien évidemment, car il n’y a personne derrière toi pour meubler le vide. Mais c’est ça qui est bien, justement. Se lancer tout seul comme ça, au début, c’est impressionnant. Au Francofolies de la Rochelle, j’ai joué devant 15 000 personnes pendant que derrière moi on démontait la scène précédente. C’est dur, mais c’est aussi un plaisir d’arriver devant cette marée qui hurle et qui attend d’autres artistes. Avant de monter sur scène, j’ai demandé à mon manager si je pouvais garder mes lunettes de soleil pour me cacher derrière. Il a acquiescé, j’étais soulagé tu peux me croire.

Tu chantes entièrement en anglais sur ton album. Tu n’as pas envie de faire un peu à l’inverse de la tendance et tenter à l’image de Sébastien Tellier d’écrire en anglais et en français ?
Un jour pourquoi pas. Mais pour l’instant je trouve l’anglais plus facile. En français, les mots ont toujours un double sens. C’est ma langue maternelle, j’ai donc peut-être plus de mal. Je suis surement trop pudique pour écrire en français pour l’instant.

Puisque tu fais partie intégrante des années 2000, peux-tu nous dire quels sont les artistes d’aujourd’hui qui t’inspirent ?
Toute la scène en rock des années 2000 genre The Strokes, mais aussi Bertrand Belin.

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Francois Colombi

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