Musique

Soirée américaine à la Bellevilloise avec Ari Lennox

Soirée américaine à la Bellevilloise avec Ari Lennox

19 décembre 2019 | PAR Luca Juilliard

Ari Lennox, véritable sensation r’n’b de 2019 se produisait samedi dernier dans le sous sol de la Bellevilloise. La first lady du label de J. Cole Dreamvilles défendait son magnifique album Shea Butter Baby : éponyme du tube planétaire réalisé avec son mentor. Retour sur une soirée paradoxale, entre déception et virtuosité vocale.

Héritière de la tradition RnB américaine

La musique de la jeune chanteuse de Washington D.C s’inscrit dans la tradition du fameux “Rythme and Blues US contemporain” oscillant entre Soul, Hip-Hop et Pop musique. Ainsi, dans son premier album Shea Butter Baby, Ari Lennox propose un style aux influences claires entre Usher, Lauryn Hill et Diana Ross. Malgré une percée minime au début des années 2000, ce style musical n’est pas vraiment populaire en France… Il est important de comprendre qu’il fait consensus aux Etats-Unis ou l’on ne compte plus les chanteurs/chanteuses aux voix douces sorties des églises pour chanter des love songs.

Le concert

La Bellevilloise affiche Sold Out en cette soirée de grève et le public est au rendez-vous : preuve que l’artiste bénéficie d’une belle côte de popularité. La foule, hétérogène, se presse dès 19h vers le bar pour débuter la soirée, foule composée tant d’anglophones que de francophones. Je comprendrai d’ailleurs un peu plus tard que la moitié de la salle était composée d’américain(e)s. La première partie d’Arin Ray est un cliché du genre : le jeune chanteur déclame son amour sous toutes ses formes avec une voix aiguë ; juste, mais sans intérêt particulier. Pour son dernier morceau, le chanteur fait monter sur scène une chanceuse anonyme tirée du public et entame sa dernière chanson. Ils entreprennent une danse sensuelle et voluptueuse typique des soirées Rnb. La foule est enflammée, pari réussi !

Une ambiance paradoxale, entre retenue et proximité

Après un entracte interminable, Ari Lennox rejoint enfin ses musiciens, déjà présent sur scène depuis une trentaine de minutes. La foule est en délire devant la diva qui compense son retard par la communication avec le public. Elle commence par demander aux américains de se faire connaître. La moitié de la salle répond subitement en cacophonie : “I am from Philadelphia! Here from D.C”. Etonnant. S’ensuivent des échanges sur les différents quartiers de Washington, la chanteuse ne rechignant pas à prendre du temps pour écouter les réponses des gens. Après une dizaine de minutes, la première musique retentit et nous pouvons enfin apprécier sa voix puissante sur les arrangements du live band (guitare, batterie, synthé) qui l’accompagne. Entre chaque morceau, les discussions reprennent sur les sujets évoqués dans ses chansons.

Ces échanges singuliers, drôles et inattendus rattrapent presque le retard, couplé du manque d’engagement de la chanteuse. En effet, malgré sa voix magnifique, l’artiste semble en retenue. Le comble de la déception arrive lorsqu’elle annonce sa dernière chanson après seulement 45 minutes de show. Finalement, le concert se termine sans avoir vraiment atteint son climax et la salle se vide dans une atmosphère anormalement calme. Je ne peux que trouver ça dommage car tous les éléments étaient pourtant réunis pour passer une merveilleuse soirée. Je me consolerai donc en réécoutant l’album et en continuant de suivre la belle programmation hip-hop de la bellevilloise.

 

Luca Juilliard 

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Luca Juilliard

One thought on “Soirée américaine à la Bellevilloise avec Ari Lennox”

Commentaire(s)

  • Fleury Zvenigorosky

    Elle n a pas du comprendre où elle chantait ! Que fait sa team ?

    décembre 19, 2019 at 16 h 55 min

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