Rap / Hip-Hop

Hugo TSR, à la Cigale comme à la maison

Hugo TSR, à la Cigale comme à la maison

17 septembre 2018 | PAR Clara Bismuth

Le TSR Crew dépassé ? Ce n’est pourtant pas le sentiment que le public fidèle du groupe underground a pu laisser paraître ce samedi 15 à la Cigale. Après une longue, très longue attente de son dernier album Tant qu’on est là sorti en 2017, le retour d’Hugo TSR et de son phrasé amer et tranchant, a fait trembler les murs du 18ème arrondissement.

MC mystérieux depuis ses débuts dans les années 2000, la critique qui poursuit Hugo Boss est celle d’un rappeur sur qui le temps semble n’avoir d’impact. Se réinventer, évoluer…une ambition qui n’en est pas une pour le TSR Crew. Depuis toujours, le groupe fonctionne avec la même combinaison gagnante. Rap poétique sur beats gras, flow rapide qui ne manque pas de références au 18, intrus boom bap et mixes de chants asiatiques, une prod identique à celle de leurs débuts, et qui marche !
« TSR CREW ! TSR CREW ! TSR CREW! ». Loin de prendre des risques et de surprendre avec un style nouveau, la force indéniable du groupe depuis tant d’années reste leur fanbase indestructible.
Dans la salle, on pourrait croire à une réunion annuelle de fidèles envers leurs gourous. Une secte magnifique animée par les mêmes valeurs depuis l’explosion de la Bombe H : Indépendance, liberté et culture rap gravées dans les coeurs.

Pas étonnant d’avoir confié la première partie à The Absouljah, un rappeur du Queens qui prône l’authenticité de la culture hip-hop et son lyrisme. De Paris 18 à New-York City, la connexion des rappeurs avec le monde de la rue est une langue universelle. « I am inspired everyday seeing the world from the bottom » disait Absouljah, « Bienvenue en France, terre d’asile, psychiatrique » chantait Hugo TSR pour Eldorado.

Des punchlines marquantes pour une génération et une verve toujours présente, que confirment deux heures de transe dans une salle comble. Sur scène Hugo semble avoir la vingtaine à nouveau, d’autant plus qu’il se produit chez lui, dans son quartier qu’il nomme «18ème merveille du monde » dans l’excellent La-Haut. Impossible alors de ne pas revenir sur certains grands classiques qui ont conquis les cœurs en plus des derniers sons : Fenêtre sur rue, A quoi ça rime ?, Alors dites pas ou encore Coma artificiel, ce soir Paris Nord est en extase.

Certes, Hugo TSR Crew n’entrainera pas le rap vers une nouvel avenir. Mais le groupe loin du Rap-game et du rap conscient, qui dénonce sans s’engager et s’expose dans la discrétion, agit de la sorte pour ne jamais perdre ce statut qui lui est cher : Vivre Libre.

Visuel : © 2018 HUGO TSR – SITE OFFICIEL.

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Clara Bismuth
Rédactrice pour le magazine Toute La Culture depuis mars 2018, principalement dans les rubriques Musique et Cinéma.

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