Musique
Verte Antes de Fin de Año et O Clarividencia : Diptyque audacieux de Lolabùm

Verte Antes de Fin de Año et O Clarividencia : Diptyque audacieux de Lolabùm

20 octobre 2020 | PAR Luca Juilliard

Le 09 octobre dernier sortait O Clarividencia, seconde face du diptyque musical proposé par le groupe équatorien Lolabùm. Véritables propositions artistiques novatrices, ces deux albums insufflent un vent nouveau sur la pop moderne et sur la musique indépendante sud-américaine. Ils sont aussi l’occasion pour ce (plus si) jeune groupe de montrer une fois de plus, leur capacité à écrire de grandes chansons. 

Une double annonce inédite

En juillet dernier sortait donc Verte Antes de Fin de Ano, album en cours de production lors de l’annonce du confinement et inévitablement renommé pour l’occasion. Conjointement, le groupe annonçait un second opus : O Clarividencia, enregistré dans le même temps, pour début octobre. Ce sont donc vingt nouveaux titres que nous avons le plaisir de pouvoir découvrir deux ans après le merveilleux Tristes Tropicos.

Samples, noise et récits du quotidien

Les textes de Lolabùm restent fidèles à eux-mêmes : simples, sincères et beaux. Pedro Bonfim – le chanteur – nous régale par son écriture épurée, préférant l’essence des pensées à l’effusion des paroles. Dans Verte Antes De Fin De Ano, deux morceaux dénotent par leurs singularités: Cuando Quieres Jugar Conmigo et Qyy. Le premier, en featuring avec la prometteuse Neoma, étonne par le style urbain de sa production, presque trap. Loin des guitares habituelles, le groupe réussit le tour de force d’amener un beat hip-hop aux basses lourdes vers une pop léchée et efficace. Le second, Qyy, magnifique ballade, ode à la tristesse, fait puissamment écho au contexte actuel. C’est un chef-d’oeuvre qui place le groupe à un autre niveau, celui des véritables songwriters. Les autres morceaux de l’album sont éclectiques et pointus, peut-être plus difficilement compréhensibles. Les très noise Tatobien et Dios Mio Ya No Veo Noticias donnent le ton d’un album majoritairement expérimental. 

O Clarividencia est une ode à l’absurde, seule vérité actuelle.

Le second opus sorti début octobre est plus doux, l’énergie brute de Verte Antes de Fin de Ano n’est plus aussi marquée. Néanmoins, la volonté du groupe de réinventer la forme d’une chanson est toujours bien là. Petit à petit, on s’écarte du schéma traditionnel – couplet, refrain, couplet – pour entrer dans l’univers expérimental de Lolabùm. Sur certains titres comme Verte antes de Antes de Fin de Ano et Tons-Ke, la proposition se rapproche plus de l’essai audio que de la chanson. Pedro Bonfim parle, sur un fond sonore, développant un argumentaire tantôt absurde, tantôt sérieux, se mettant dans la peau de personnages fictifs. Des titres plus traditionnels font la balance et nous rappellent le talent mélodique du groupe. Les harmonies vocales de Dios Mio Estoy in Love nous font frissonner au même titre que la langoureuse guitare de Demolicion et que le riff sec de Peñitas. Finalement, O Clarividencia est une ode à l’absurde, seule vérité actuelle. Il est autant sérieux que volatil et définit bien l’état d’esprit d’un groupe cherchant sans cesse à se réinventer en questionnant l’essence de la pop music. 

Pour ceux qui n’auraient pas écouté les précédents albums du groupe El Cielo et Tristes Tropicos, voici un lien qui vous mènera tout droit vers ceux-ci. Ils sont une porte d’entrée bienvenue vers l’univers de ce merveilleux groupe. Je n’ai plus qu’une chose à vous dire : Foncez ! 

El Cielo : https://open.spotify.com/album/3lr984rkvEra06MUFeAJZF

Tristes Tropicos : https://open.spotify.com/album/5Db5UP6d1ccr8UvILSxv0L

 

Luca Juilliard 

Remerciement : Odile Zvenigorsky 

Crédit Visuel : Pochette Album Lolabùm 

 

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