Pop / Rock

Stereolab : clôture sonique à la Villette

Stereolab : clôture sonique à la Villette

13 juin 2019 | PAR Damien Poulain

La soirée de clôture d’un festival, le dimanche donc, c’est toujours la plaie. Et le lundi matin, c’est masqué qu’il faut avancer dans l’open space. Alors on ne s’est pas couché trop tard. Plâtre, déguisement et dinguerie douce : compte-rendu.

 

ANEMONE

C’est avec un jeu de chaises musicales (!), qu’on aborde cette dernière soirée sonique. Le désormais fameux gang parisien des « Floating trottinettes » avait fait une nouvelle victime en la personne du batteur vétéran Miles Dupire-Gagnon du groupe ouvreur Anemone, forfait sur bras cassé lors d’un ride au guidon du plus dangereux des nouveaux avatars de la mobilité urbaine. Nous voilà donc avec Zach Irving, le deuxième guitariste du groupe, à la basse et le précieux bassiste Gemme Samuel à la batterie. Le groupe l’a joué low profile en n’annonçant la bourde qu’au troisième titre, sans doute fier d’un set malgré tout bien mené avec une basse lourde et ronde, pénétrant de disco la trame psyché des morceaux et les corps de salopettes blanches sous influence Bee Gees.

JONATHAN BREE

De fringues paillettes il n’était pas vraiment question avec le crew Jonathan Bree, forever leader des Brunettes (mort ou vivant ?). Le groupe était plutôt attendu, le single « You’re So Cool » avait fait son œuvre et surtout, les poupées sans visages seraient-elles de la fête ? Alors, on a tout eu. Un show d’une sensualité sagement dévergondée, des musiciens masqués aux costumes bretelles identiques, des vidéos lynchiennes en fond et des cœurs samplés ajoutés / ajourés. Les filles ont chanté, de la basse elles ont joué, oui elles ont triché (play-back pour les dames), mais le charme beau-bizarre a fonctionné. Rarement on a vu distance plus proche. Jonathan Bree a le masque anti-Gorillaz. La dépersonnalisation masquée avec costumes identiques, les paroles contant l’amour et la rupture – simplement – et des gestes tendres avec les habitants de la grande halle ce soir-là, semblaient dire : « nous sommes tous les mêmes ».

STEREOLAB

« Nous sommes toujours les mêmes », c’est ce qu’ont voulu ajouter les héros modestes de la soirée emmenés par la française Laetitia Sadier. Le second couteau des 90’s Stereolab est arrivé en cador, joyeux de retrouver un public forcément pas renouvelé, peu de coupe au bol, la mode est passée, l’alopécie aussi. Mais ils étaient tous là, comme au dernier concert de Belle & Sebastian, la même joie naïve et mesurée dans la folie. Alors se sont enchaînés French Disko, Miss Modular, Metronomic Underground, des morceaux qui rendent joyeux, qui donnent envie de fumer des joints au parc à 14h, après le pique-nique, avec les vieux copains comme nous jeunes parents. Des dingos raisonnables en somme. Bref, nous sommes rentrés le sourire au coin des lèvres, pas trop tard.

 

Visuel : ©CC BY 2.0

« Charlotte a 17 ans », comédie d’auteur aux mélanges brillants
A-Wa met le Café de la Danse en transe
Damien Poulain

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *