Pop / Rock

Primal Scream enflamme la Gaîté Lyrique

Primal Scream enflamme la Gaîté Lyrique

23 avril 2018 | PAR La Rédaction

A l’occasion du Arte Concert festival , la Gaîté Lyrique accueillait le jeudi 19 Avril le célèbre groupe écossais Primal Scream, toujours mené par le psychédélique Bobby Gillepsie.

Par Clara Bismuth

Voilà plus de 30 ans que s’enchaînent les succès, que l’on barbote dans la sueur des pogos, que les cachetons, l’alcool et le Rock s’écoule dans les veines du groupe et de son public. Le label Creation Records crée par Alan McGee, un ami du chanteur, qui a toujours vu un grand potentiel dans le groupe ne s’est bel et bien pas trompé. Primal Scream, c’est beaucoup de choses mais c’est surtout l’évolution permanente d’un groupe, sans pour autant négliger la qualité et leur dernier concert en est la preuve.
Que vous le vouliez ou non, vous êtes littéralement attiré par l’agitation de la fosse, vous souriez à tous les autres fans, un vrai moment de complicité vous porte, vous fermez les yeux puis vous vous retrouvez dans les airs, on vous jette sur scène, les lampes vous brulent le corps mais vous n’en avez rien à faire ! Aux pieds de Bobby Gillepsie, le videur vous attrape énergiquement vous laissant des bleus, puis vous sort de la scène. Une grande respiration et vous voilà reparti dans la danse, les cheveux ébouriffés, les T-shirts trempés, mon Dieu que c’était bon !

Originaire de Glasgow, le groupe britannique se forme dans les années 80 avec à sa tête l’ancien batteur du groupe The Jesus and Mary Chain, Bobby Gillepsie. Après avoir participé au magnifique LP Psychocandy du groupe, il donne son dernier show en 1986 avant de se concentrer sur son propre projet. A l’époque, les autres membres de Primal Scream ce sont surtout Jim Beattie avec qui le chanteur compose, Robert Young, Dave Morgan, Martin Duffy et Andrew Innes. Héritiers de la scène punk et des sons Rock, ils sortent en 1987, leur premier album Sonic Flower Groove. Une création pop à l’esthétique psychédélique mais aussi rétro comme le montre la pochette. Bobby nous fait découvrir une voix relativement légère, présente son univers assez mélancolique, « dark » sans pour autant vous donner des envies de suicide ! On sent que l’artiste sort aussi du projet Psychocandy et qu’il en a gardé quelques relents. Mais il manque encore quelque chose avant d’atteindre leur identité et c’est très certainement Alan McGee à la tête du label Création Records qui s’investit le plus pour aider le groupe. Car bien que Sonic Flower Groove, et le second album Primal Scream (1989) comportent de belles chansons, ils restent de petits albums qui ne font pas exploser le groupe comme ils le voudraient.

En plus, il faut bien le dire, Brighton au début des années 90 est une ville où vous vous faites royalement suer, ce qui n’arrange en rien la dynamique du groupe. Alors pour trouver ce petit quelque chose qui manque et redonner un coup de fouet à la bande, Alan McGee fournit généreusement de l’ecstasy et des disques d’Acid House pour réveiller la fibre créatrice. Bon la cure aura duré plus que quelques soirées, mais donné naissance à une oeuvre grandiose en 1991 : Screamadelica. Puis il y a aussi cette association avec Andrew Weatherall, qui remixe « I’m losing more than I’ll ever have » et la renomme « Loaded » . La chanson est métamorphosée, Weatherall y ajoute la voix de Peter Fonda dans The Wild Angels, beaucoup de groove ainsi que de grosses basses.

Voilà enfin un album à l’image du groupe, riche, rock, avec des jeux de percussions qui fonctionnent à merveille. A la fois néo-psychédélique, on entre dans la Dance Fusion,l’Acid House, la Pop, l’électro, le Rock …enfin non au fond on s’en fout. On ne peut pas faire une étude musicale ,comme le ferait un universitaire , ce serait dégradant, vulgaire et on n’aimerait même plus l’écouter. Que ce soit du Rock alternatif, de l’Indie Pop, ou de l’Acid House, ce qui est sûr, c’est que ce groupe ne peut que plaire tant il regorge d’inspirations.

Dès lors, on peut dire que Primal Scream est réellement lancé et influent sur la scène britannique. Les albums à tubes s’enchainent comme « Give out but no give up » en 1994 et son mythique « Jailbird » , « Rocks » ou encore « (I’m Gonna) Cry Myself Blind » .
Bien que plusieurs membres font leurs départs et leur arrivées, celle de Gary Mounfield, alias Mani, ancien bassiste des Stones Roses reflète la notoriété du groupe qui enchaîne sur l’album Vanishing Point en 1997. Il est bien évident que tout n’est pas non plus excellent, mais ce qui fait la force de Gillepsie, c’est cette curiosité à essayer, à tester différentes choses qui parfois fonctionnent comme avec Riot City Blues en 2006 et parfois non. Notamment leur dernier album Chaosmosis rentre dans une pop commerciale un peu bas de gamme, loin du génie des précédents albums.

Cependant, il faut dire qu’à 55 ans et près de 30 ans après leur début, Bobby Gillepsie et les autres membres, savent toujours s’approprier la scène et mettre leur public en transe.

Visuel : Pochette de l’album

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