Musique
Pitchfork Music Festival : vague de soleil avec TV Girl, MICHELLE et Jordana

Pitchfork Music Festival : vague de soleil avec TV Girl, MICHELLE et Jordana

15 novembre 2022 | PAR Adam Defalvard

Au Café de la Danse pour le Pitchfork Music Festival, la jeune Jordana, le collectif new-yorkais MICHELLE et les Californiens de TV Girl ont apporté le soleil au milieu de la brume avec leurs pops envoûtantes et dansantes. 

Jordana, l’été est fini ? 

Pour ouvrir le bal, c’est la jeune New-yorkaise de 22 ans Jordana Rye qui est montée sur scène. Seule avec sa guitare acoustique, elle chante avec légèreté et auto-dérision, et déploie sa bedroom pop parfaite pour une soirée sur la plage.

Jordana est bien liée avec TV Girl, ils ont en effet sorti un EP ensemble en 2021, « Summer’s over ». Jordana paraît un peu timide mais ses accords rêveurs parviennent à transporter la salle lorsqu’elle interprète le fameux morceau titre de l’EP. Un set court mais elle le promet, elle reviendra dans la soirée. 

La flamme new-yorkaise de MICHELLE

Ils sont six sur la scène, quatre chanteuses, un batteur et un guitariste. Le jeune collectif de six artistes a servi un set incroyablement entraînant et parfaitement chorégraphié avec leur musique mêlant R&B, indie pop et influences jazz. Beaucoup de morceaux de leur dernier album sorti en 2022 qui possède un nom enchanteur : AFTER DINNER WE TALK DREAMS. Sur cet album on trouve le morceau énergique « END OF THE WORLD » : avant de l’entamer une des chanteuses demande au public d’imaginer que l’on se trouve au passage à l’an 2000. Le charme opère avec le public, majoritairement jeune, pour qui la promesse de la chanteuse, « Y2K is upon us », résonne particulièrement avec la mode actuelle. 

Leur nouveau single « PULSE » frappe fort en live et les mouvements de danse des chanteuses offrent un véritable show plein de vie. Ils savent bien flatter le public d’ailleurs, les jeunes de MICHELLE, ils nous disent qu’on est beaux et qu’on est « encore plus cools que l’audience de Manchester », ça c’est du compliment. Le set se finit avec « THE BOTTOM », morceau illustrant tout ce qu’il y a de précieux dans la pop : de l’énergie et un refrain qui reste en tête bien longtemps après le concert. 

TV Girl, vol direct pour L.A.

TV Girl débarque après l’installation d’un néon sur la scène pour compléter leur esthétique bien particulière qui évoque L.A., les histoires d’amours ratées sous les lumières de la ville et les 60’s. Un clavier, une guitare, une batterie et bien sûr une voix, celle de Brad Petering, tous les ingrédients sont là pour lancer la musique pop, douce et lancinante du groupe. Cependant les paroles de TV Girl ne manquent pas d’humour, le set s’ouvre avec « Pantyhose », chanson étrangement poétique parlant d’un homme à la guerre, évitant les balles en entourant autour de sa gorge les collants d’un amour passé.

Malgré l’utilisation proéminente et assumée d’auto-tune dans la musique studio du groupe, la voix de Brad Petering s’avère très belle en live, sans modifications. Le groupe utilise aussi beaucoup de samples de vieux films, ici imités par Brad Petering, comme à la fin de « Lover’s Rock ». Un effet qui fonctionne très bien, au milieu d’un set marqué par une énergie cynique et drôle. Avant d’entamer « Hate Yourself », le chanteur nous le demande, on doit se tourner vers son voisin et lui déclarer : « I hate you and I hate myself ». 

Célébrité et auto-dérision

Un mot a beaucoup été entendu pendant la soirée, sur scène et dans le public : « Tik-Tok ». En effet le chanteur le reconnaît lui-même, il le sait, une grosse partie du public est là parce que plusieurs chansons du groupe sont devenues populaires sur le réseau social Tik-Tok. Il s’excuse en blaguant que ce soir, il y aura aussi des chansons qui ne sont pas sur Tik-Tok. Pas besoin qu’il annonce lesquelles, on sent bien l’ambiance changer lorsque le public ne connaît pas la chanson. Par contre sur « Lover’s Rock » et « Cigarettes out the Window », le public se déchaîne. 

Pourtant le groupe atteint réellement des états de grâce sur des morceaux parfois moins connus. La voix sans artifices de Brad Petering et la guitare se marient parfaitement pour faire entendre « The Blonde » au public. Un magnifique morceau aux paroles grinçantes, racontant le désir qu’éveillent les blondes de ce monde et la solitude qu’éprouvent les autres femmes aux cheveux roux, noirs, marron… Des paroles qui pourraient sembler triviales, mais au contraire, la mélodie transforme ce texte en une longue tirade mélancolique et hollywoodienne incroyablement réussie.  

Jordana nous l’avait promis, elle revient à la fin du tube « Not Allowed » pour danser avec Brad Petering et lui chanter : « I hope we’re still friends, yeah, I hope you don’t mind ». Un set très réussi pour TV Girl, qui nous laisse en nous demandant de scander le bon score qu’ils espèrent obtenir pour leur prochain album dans le journal Pitchfork, en récompense d’avoir accepté de jouer dans « leur petit festival ». 

En attendant le prochain album de TV Girl, le Pitchfork Music Festival continue jusqu’au 21 novembre dans Paris. Plus d’informations sur la programmation ici.

Visuels : © Adam Defalvard

Le silence est d’or, de Yonatan Sagiv : une pépite du même métal
Thomas Jolly contraint de démissionner de la direction du théâtre d’Angers
Adam Defalvard

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture
Registration