Pop / Rock

Live in Blue au Bridge le 10 décembre – Concert Performance

Live in Blue au Bridge le 10 décembre – Concert Performance

12 décembre 2019 | PAR Caroline Arnaud

Peintre et chanteur ont fait connaissance il y a deux ans mais l’idée de réunir leur pratique a émergé il y a un an. Le 10 décembre dernier, c’était la première fois qu’ils nous montraient leur projet au Bridge, sous le Pont Alexandre III. Van Hai Huynh, producteur et ami de Stéphane Grangier, le chanteur du groupe Nord et du peintre DanHôo, leur a proposé d’organiser cette soirée inédite.

 

Par Geraldine Elbaz et Caroline Arnaud

C’est sous les arcades de pierres du Bridge, cadre magique dans lequel nous entrons sous le pont Alexandre III, que les tableaux de l’artiste Danhôo sont exposés. Derrière chaque toile, nous découvrons avec la signature de l’artiste ses notes évocatrices comme « évanescence » ou « l’essence du plaisir » qui donnent la thématique du tableau. Au fond de la salle, une grande toile immaculée est posée à même le sol dans son horizontalité et sous une autre arcade, on découvre une scène où se produira le groupe Nord, composé de six musiciens dont quatre guitaristes, un batteur et un pianiste. L’événement s’annonce massif! 

Le concert, présenté par le DomKIRIS, passionné de rock et accompagné ce soir-là par un des membre de la galerie de Danhôo, nous explique le projet de cette performance unique, la rencontre entre deux univers artistiques que sont la peinture et la musique dans ce lieu.

Les musiciens, Yan Péchin à la guitare, Franck Mantegari à la batterie, Romain Thorel au clavier, Ludovic Marchon à la basse et  le chanteur Stephane Grangier, démarrent avec Burning Inside, titre phare de leur quatrième album intitulé Ce siècle, illustré de vidéos projetées aux murs.

On écoutera également les chansons Silence, la fille qui tombe ou seul, décrivant un univers sombre et tourmenté, en contraste avec les touches de couleurs apportées par DanHôo ou les vidéos sur les écrans aux murs.

Musique et couleurs présentent une certaine harmonie, parfois hypnotique, avec ces projections visuelles aux rythmes lents avec des volutes de fumée colorées ou des formes mouvantes comme des coulées de lave qui créent une atmosphère originale.

Formes et matières sont en mouvement et la couleur s’étale, créant des amas abstraits qui semblent respirer et vibrer … Le visuel et la musique s’accompagnent magistralement.

Mais alors, sans que nous nous y attendions, sans nous appeler pour nous dire ça y est “ça commence” (parce qu’on l’attendait quand même), la matière brillante que l’on nous projette sur les écrans gicle, elle est jetée, fixée sur la grande toile dans l’autre couloir du Bridge. Le public a le choix de se balader entre la réalisation plastique de DanHôo et la scène du concert de Nord.

Musique et peinture en même temps… Une peinture abstraite qui nous rappelle du Pollock mais qui travaille plus la cohésion des couleurs que le tracé. Le peintre donne un équilibre à la composition par son geste, inspiré de sa culture natale, Danhôo pense et vit avec le yin et le yang, et cette notion d’équilibre se retrouve dans la musique du groupe Nord, avec des accords et des harmonies qui ne cessent d’interagir, qui s’entrechoquent pour s’enlacer jusqu’à atteindre des refrains qui nous font frissonner. Le concert est sublimé par les créations artistiques réalisées par le peintre et emportent nos émotions.

Au début était le verbe… mais qu’y avait-il au commencement? La couleur ou la musique? Dans cette interaction entre art contemporain et mélodies, qui au départ inspire l’autre?

L’oeuvre n’est pas “finie” nous dit le peintre au moment de quitter le Bridge. Mais alors quand le chanteur demandait sur scène de loin à DanHôo s’il avait terminé , le peintre s’est-il pressé pour pouvoir être sur le même timing que le set de Nord? Si le but de cette performance était de connecter les deux arts dans une même temporalité, que dire de cette coexistence entre peinture et musique et de leur rapport dans l’instant de création d’inspiration ?

Une chose est certaine, ces artistes ont créé quelque chose de nouveau qui interroge sur une nouvelle forme d’art et redéfinit le peintre comme un chef d’orchestre de symphonies picturales et où chaque note de musique aurait ses propres variations chromatiques.

Cette performance hybride entre peinture et musique nous fait entrevoir un monde polysensoriel où tout se mélange, comme un pont synesthésique entre les deux créations. On ressort de cette soirée en visualisant une musique multicolore et on souhaite aux artistes une belle tournée en 2020, puisque d’autres dates sont annoncées dans d’autres villes en France.

Visuels : affiche du concert et GE.

Live in Blue au Bridge

Le 10 décembre 2019, 20h

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Caroline Arnaud

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