Pop / Rock

L’Intimiste Unplugged Party de Tahiti 80 au Café De la Danse

L’Intimiste Unplugged Party de Tahiti 80 au Café De la Danse

27 novembre 2019 | PAR Luca Juilliard

Vingt ans ! Vingt ans que les Rouennais de Tahiti 80 nous livrent des disques fantastiques oscillant brillamment entre pop, soul, funk et disco. Leurs délicates chansons font rêver, danser, pleurer et accompagnent le quotidien d’une solide fanbase constituée et agrandie au fil des années. A l’occasion de cet anniversaire notable, le groupe nous livre l’excellent album Fear Of An Acoustic Planet, réinventant et réarrangeant leurs plus grands succès en version acoustique. C’est dans l’intimiste Café de la Danse qu’avait lieu le 22 novembre dernier l’indispensable Release Party parisienne rebaptisée pour l’occasion Unplugged Party.

Une belle histoire Rouennaise

L’histoire de Tahiti 80 commence au début des années 90 lorsque, encore étudiants à l’université de Rouen, Xavier Boyer (chanteur) et Pedro Resende (bassiste) se rencontrent et décident de créer de la musique. Cette association donne lieu à une première démo et même à un mini album Twenty Minute tiré à 536 exemplaires. Quelques années plus tard, étoffé par l’arrivée de deux nouveaux membres, Médéric Gontier (guitare) et Sylvain Marchand (batterie), le groupe livre enfin son premier vrai album Puzzle sur le label Trema ; filiale de Sony Music. Cet album enregistré et mixé entre New York et Stockholm annonce parfaitement l’épopée musicale internationale que suivra le groupe. Leur musique : une pop efficace, imprévisible et recherchée qui s’affranchit de toutes barrières inhérentes aux styles musicaux bien définis. Ce ne serait pas une ineptie de les inclure dans le phénomène french touch de leurs lointains cousins versaillais d’Air ou Phoenix.

Le succès japonais 

Contre toute attente, leur succès se confirme bien loin de la France, pays d’origine, et de l’Angleterre, pays d’influence. C’est curieusement au Japon que le groupe obtient rapidement un disque d’or et place le single Heartbeat en haut des charts, qui devient alors le quatrième morceau le plus joué en radio sur l’année 2000. S’ensuivent plusieurs années de tournées et d’albums (sept au total) travaillés en compagnie d’excellents producteurs : Serban Ghenea (Outkast) sur Fosbury ou Richard Swift (The Black Keys) sur Ballroom pour ne citer qu’eux.

Fear of An Acoustic Planet

C’est donc en réinterprétant ses plus beaux morceaux que Tahiti 80 a décidé de fêter son vingtième anniversaire. Est-ce un retour à l’essentiel ou peut-être même la crainte d’un monde sans électricité ? Xavier Boyer, chanteur du groupe invoque un clin d’oeil au mythique Fear Of A Black Planet de Public Enemy (et oui !). Mais qu’importe le nom, cet album est un plaisir pour les oreilles. Il réchauffera pendant l’hiver avec ses mélodies douces et réconfortantes. C’est un formidable cadeau pour les fans mais aussi une belle occasion de découverte pour les néophytes. Les quinze titres sont une invitation au voyage au travers de l’univers musical du groupe, évoluant au fil des années.

Unplugged Party

Après une date intime dans la petite salle du Kalif à Rouen ainsi qu’une tournée éclair en Asie (Bangkok, Kanagawa, Tokyo), le groupe se produisait enfin à Paris pour un concert unique dans la petite salle du Café de la Danse. La fanbase est évidemment présente, en grande partie assise confortablement dans les gradins, espérant profiter tranquillement des mélodies. La fosse, quant à elle, occupée par un intrigant mélange d’amis du groupe n’hésitant pas à invectiver les musiciens, de réels fans voulant danser et chanter en cœur ainsi que d’enfants de spectateurs courant entre leurs jambes, casque vissé sur les oreilles. La moyenne d’âge du public correspond à celle du groupe, plus proche de la cinquantaine que de la trentaine, vingt ans de carrière obligent. Le concert débute par les fameuses versions acoustiques des morceaux présents sur le dernier album. La voix de Xavier, précise et mélodieuse – malgré un jetlag évident – entraine la salle, heureuse d’entendre de si beaux arrangements en direct.

Il faudra attendre la deuxième partie du show pour voir la foule se lâcher, frapper dans ses mains et reprendre à tue-tête les tubes du groupe. L’excellent batteur Raphaël Léger ainsi que le percussionniste, claviériste et showman Sylvain Marchand enflamment la salle ; allant même jusqu’à descendre dans la foule pour s’offrir le luxe d’un crowd surfing durant le rappel. Une belle manière de conclure un concert comblant tout le public, quel que soit le profil. Cette belle prouesse s’inscrit dans la lignée d’un album réussi qui, on l’espère, annonce une suite prochaine ! 

 

Luca Juilliard 

 

Remerciements : Carla Laffont et 3C booking 

 

Visuel : Pochette de Fear Of An Acoustic Planet 

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