Pop / Rock
L’interview stroboscopique : Sarah W. Papsun

L’interview stroboscopique : Sarah W. Papsun

13 octobre 2014 | PAR Bastien Stisi

Crépitements lumineux, rugissements scintillants, et coup de strobo sur Sarah W. Papsun, sextuor de garçons au nom de fillette fournisseur de l’un des plus convaincants albums d’électro pop de l’année écoulée, et sur le point de venir dézinguer la scène de l’espace Paul B dans le cadre du festival des Primeurs de Massy

« Sarah W. Papsun ». Il vous fallait un nom de fillette (ou de grande dame d’ailleurs) pour compenser le côté très masculinisé de votre musique, bodybuildée parfois au point d’en transpirer la testostérone ?

Sarah W. Papsun : Exactement. C’est notre côté crypto-féministe : six hommes transpirent pour que le nom d’une femme entre dans l’histoire (du rock français). On aime bien l’idée que l’agrégation de nos personnalités en forme une nouvelle, à qui nous avons donné ce nom choisi (presque) au hasard. Il se trouve que c’est celui d’une amie américaine qui nous soutient depuis le début. Prendre son nom, c’est aussi s’assurer de plaisants quiproquos, quand un public de festival s’attend à voir débarquer une jeune fille frêle avec une guitare folk… On joue à plein sur cet effet de surprise !

S’enfiler un rail de coke, se mater les 4 heures de Spartacus, mettre votre premier album Péplum sur le tourne-disque. Est-ce là la meilleure manière de vous écouter ?

Sarah W. Papsun : Certains ont même pris plaisir à nous écouter au casque en buvant de la Contrex, comme quoi tout est possible (on sait que la musique est une drogue en soi). L’idéal c’est de nous voir en live, l’expérience est plus forte. Nous aimons notre album, mais toute notre musique a été d’abord pensée pour le concert, dans l’esprit d’un vrai marathon physique, d’une performance à côté de laquelle les exploits de Spartacus font figure de pâles gesticulations !!!

Niveau péplum, d’ailleurs, vous êtes plutôt Ben Hur, Spartacus ou Gladiator ? (pour ne citer que ceux que tous connaissent).

Sarah W. Papsun : Ça dépend à quel degré on se situe. On apprécie le Spartacus de Kubrick, le Satyricon de Fellini et, en gros, toutes les vies de Jésus avec des foules de figurants dans des décors en carton-pâte. Les grandes ambitions réalisées avec les moyens du bord, c’est un peu ce qu’est devenu la musique aujourd’hui. Au dixième degré, on adore aussi Sa Majesté Minor, une sorte de farce mythologique avec José Garcia et Vincent Cassel, peut-être l’un des pires trucs réalisés depuis dix ans — mais avec une vraie prise de risque sur un plan artistique.

L’arène idéale, pour vous, c’est la scène ?

Sarah W. Papsun : Oui ! (voir question 2). C’est là où l’on se sent le mieux armé. Mais un concert n’est pas non plus un combat, c’est surtout une communion (voir vie de Jésus).

Vous serez dans quelques jours à l’affiche des Primeurs de Massy, un festival qui met exclusivement en avant des artistes ayant sorti leur premier album cette année. Parmi les artistes programmés cette année, y en a t-il un qui vous a marqué plus que les autres, et pour quelle raison ?

Sarah W. Papsun : En vrac, Talisco (parce qu’ils ont su composer un tube), Alb (parce qu’ils viennent de Reims et ont pondu un bon album) et Sarh (parce que ça ressemble à Sarah et que la voix de José fait super bien pousser nos plantes).

Et de votre côté, un second album est-il déjà envisagé ?

Sarah W. Papsun : Affirmatif. Nous sommes en studio, mais difficile d’en dire plus, interdit de lâcher le(s) morceau(x).

Je suis à la recherche de sons pour mettre dans mon iPod…quelque chose à me conseiller ?

Sarah W. Papsun : Le dernier album de The Do, évidemment. Pour son incroyable intelligence pop. Ensuite, allez piocher chez Fakear, Everything Everything, Sanseverino et Alt-J (attention, un intrus s’est glissé dans notre liste, sauras-tu le retrouver ?)

Sarah W. Papsun est en concert le 31 octobre au Paul B. de Massy, dans le cadre des Primeurs de Massy, aux côtés de Sarh, de Bosco Delrey, de Murkage et de Talisco.

Visuel : (c) pochette de Peplum de Sarah W. Papsun

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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