Pop / Rock
La Claque Psychotic Monks (#2)

La Claque Psychotic Monks (#2)

29 novembre 2019 | PAR Pierre Poughon

Les Monks étaient de retour hier soir pour étaler leur talent et leur son auprès d’un Trabendo plein, et pour une nouvelle fois montrer qu’ils sont littéralement hors du commun.

Quand on regarde la discographie de Psychotic Monks, on remarque assez rapidement que le quatuor de Saint-Ouen ne fait pas tout comme les autres. Leur deux albums, Silence Slowly and Madly Shines, sorti en 2017, ainsi que Private Meaning First, datant de fin mars, ont une structure particulière. Arrangés en parties ou chapitres, les deux albums sont pensés comme du son, en continu, pendant au moins 50 minutes. Leur son, noir, rock, progressif, brutal, psychédélique, intense, rageur et parfois étrange est une claque. Y’a pas vraiment d’autre mot. Une pure claque. Sans vrai leader, chacun y va de sa contribution. Certains sons se muent en véritables hymnes cathartiques. Au fil de l’écoute, le mélange d’émotions est d’une intensité folle. Le groupe pénètre l’âme. Et que dire de leur mentalité. C’est l’un des bien trop rares groupes faisant le geste de réserver un quota de places à prix réduits dédiés à ceux qui pourraient ne pas s’offrir la chance de les voir jouer. C’en dit long sur la mentalité du quatuor.

En live, encore une fois, c’est une claque. Il n’existe aucun autre mot pour décrire le concert du quatuor. Une claque. Alignés en rang face à la scène afin de montrer jusqu’à la scéno qu’ils ne sont pas un classique groupe composé d’un leader et de ses musiciens, les Monks déroulent. Seulement interrompu par un abruti aux mains baladeuses, rapidement conspué et remis à sa place tant par le public que par le groupe, le concert est intense. Le pogo, tout autant électrique, parfois trop même, en dit long sur le set. Les mots manquent pour décrire un concert simplement parfait. Encore une fois on se répète, mais ce live était une catharsis. Tant pour le groupe que pour le public, du moins en partie. Leur son, dur, rauque, claquant est époustouflant. Sans jamais trop faire de pause, l’air devient rapidement irrespirable, les Monks enchaînent, comme pris dans une torpeur destructrice. Plus le live avance, plus la tension monte. À la limite de la rupture physique ou mentale, le groupe finit par sortir de scène, puis revient pour simplement échanger avec le public. Quel groupe est capable de suggérer autant d’émotions en un concert ? Très peu. De mémoire aucun. Hormis eux.

Crédit Photo : Cover de Psychotic Monks – Silence Slowly and Madly Shines 

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Pierre Poughon

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