Pop / Rock
[Chronique] Brian Ferry, « Avonmore » (Bmg)

[Chronique] Brian Ferry, « Avonmore » (Bmg)

13 novembre 2014 | PAR Jean-Christophe Mary

Dès  les années 70 et 80, l’élégant crooner Brian Ferry s’est affirmé comme l’un des auteurs compositeurs les plus raffinés de la pop Britannique. Quarante plus tard le timbre chaud et haut perché est toujours là toujours au service d’une pop mélancolique et cuivrée qui fit son succès avec Roxy Music (Avalon en 1982) puis en solo (Boys And Girls, 1985 et Bête noire, 1987).

[rating=4]

Des débuts glam rock au sein de Roxy Music dans les 70’s et 80’s à sa carrière solo Bryan Ferry a baigné dans tant de courants musicaux underground (du glam rock au cabaret rock en passant par la musique progressive, la soul et le funk ) qu’il s’est forgé une personnalité de crooner chic et rétro à part, si forte, qu’il est devenu impossible de le classer quelque part. Dans ce nouvel album, on retrouve les ambiances pop soul d’ » Avalon » du Roxy Music (1982) qu’il poursuivra en solo sur « Boys And Girls » (en1985) et « Bête noire » (en 1987).

Les nouvelles chansons d’Avonmore optent pour des structures musicales chic qui débordent largement l’univers soul funk disco pop. Le dandy continue de produire une musique aux sonorités chic et classieuses, en dehors du temps et des modes. Voilà des titres qui pulvérisent les règles de la composition, repoussent encore un peu plus, les limites d’une pop bien dans son époque. D’entrée « Loop De Li » s’affiche comme un tube en puissance avec cette tournerie basse batterie implacable que l’on retrouve plus loin sur « Avonmore » lui aussi doté d’une rythmique disco rock implacable comme on ne les rencontre que dans les night club. « Driving Me Wild » développe tournerie rythmique entêtante d’un autre genre avec une belle évolution sur le pont musical avec piano qui donne ce côté romantique en fond sonore, avec cette montée vrombissante des guitares sur le final. « A Special Kind of Guy » morceau envoûtant à souhait qui aurait pu figurer sur « Flesh & Blood » ou « Avalon » est chargé d’écho dans la voix, de violons et de pianos synthé qui sont sa marque de fabrique.

Sur le dansant et funk « One Night Stand » la basse et la batterie s’en donnent à cœur joie. A noter, également cette version décalée du Johnny and Mary de Robert Palmer, en version ballade mid tempo, où la voix caresse littéralement les mots. Tout au long de l’album, Bryan Ferry nous offre une plongée dans les eaux calmes d’une pop séduisante et raffinée. Les notes glissent et s’enfoncent vers les territoires d’une longue rêverie avec une certaine saveur rétro romantique et dérapent vite en improvisations folles des guitares pour finir en feu d’artifice sonore. Bryan Ferry fait partie de ces alchimistes sonores qui vous ensorcellent, vous emmènent toujours plus loin, vers des contrées musicales aux paysages fantasmagoriques où l’imaginaire de chacun peut vagabonder au gré de ses humeurs et de son rythme. Une musique puissante et vibrante ouverte sur le monde. Du grand art.

BRYAN FERRY, Avonmore, 2014, BMG

Titres
1-Loop De Li
2-Midnight Train
3-Soldier of Fortune
4- Driving Me Wild
5- A Special Kind of Guy
6- Avonmore
7-Lost
8- One Night Stand
saxo
9- Send in the Clowns
10- Johnny & Mary

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One thought on “[Chronique] Brian Ferry, « Avonmore » (Bmg)”

Commentaire(s)

  • Sophie Leroy

    J’adore ! Toujours fan !

    novembre 19, 2014 at 9 h 53 min

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