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[Chronique] « As Planta Que Curam » de Boogarins : pop psyché et thérapeutique

[Chronique] « As Planta Que Curam » de Boogarins : pop psyché et thérapeutique

08 novembre 2013 | PAR Bastien Stisi

Boogarins

[rating=4]

Du côté de l’immense territoire brésilien, il semblerait qu’une curieuse faille spatio-temporelle ait interrompu le passage des saisons, laissant tout le temps nécessaire aux juvéniles Fernando Almeida et Benke Ferraz, regroupés sous le patronyme de Boogarins, de décliner dans la langue d’Os Mutantes un brillant résidu de pop psychédélique tout droit issu des glorieuses années 60.

Contrairement aux apparences, les deux membres masculins de Boogarins ne se sont pas rencontrés dans le tumulte rock and roll de Woodstock, mais bien dans les allées aléatoires d’un établissement secondaire de la petite ville brésilienne de Goiânia, au XXIe siècle. Accompagnés par un attirail sixty, par de petits oiseaux (« Despreocupar ») et des gémissements vocaux (« Lucifernandis »), mais loin des grandiloquences électro pop des stars locales Cansei Der Sexy, les deux jouvenceaux nostalgiques d’une époque jamais vécue réveillent les esprits d’un rock autant humecté dans la pop californienne que dans la vapeur hallucinogène des ambiances tropicales, et citent avec profusion aussi bien les chantres de leurs aînés pionniers (The Byrds, Love, Jefferson Airplane, les Beatles version cheveux longs) que leurs cousins océaniens et similaires de Tame Impala.

Beaucoup de fumées ici, mais uniquement celle des guitares (électriques ou acoustiques), de la batterie et des cigarettes qui rendent heureux : authentiques et méticuleux malgré la teneur lo-fi de l’objet, ce premier album As Planta Que Curam (étymologiquement « Plantes qui guérissent ») ne tentera d’embrouiller personne, mais parviendra plutôt à diffuser avec une jolie sincérité une thérapie bienveillante et hautement hallucinogène au sein des esprits grands ouverts et des tympans les plus nostalgiques.

Boogarins, As Planta Que Curam, 2013, Other Music / Burger Records / [PIAS], 32 min.

Visuel : (c) pochette de As Planta Que Curam de Boogarins

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected]aculture.com / www.twitter.com/BastienStisi

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