Musique

Nicolas Godin « Concrete and Glass »: Electro pop et architecture sur la même ligne d’horizon !

Nicolas Godin « Concrete and Glass »: Electro pop et architecture sur la même ligne d’horizon !

18 février 2020 | PAR Jean-Christophe Mary

 

Dès les débuts de  Air en 1995 avec son complice Jean-Benoît Dunckel , le rapport entre musique et notions de spatialisation, de lignes droites et autres points de fuite faisait déjà parti de l’ADN de Nicolas Godin. L’un des premiers titres de l’étudiant à l’école Supérieure d’architecture de Versailles « Modulor Mix » était déjà un clin d’œil appuyé à Le Corbusier.

Dans « Concrete and Glass » on retrouve donc cette utilisation habile de la structure, tout aussi importante pour composer une musique que pour concevoir un bâtiment. L’architecte sonore Nicolas Godin construit, innove, continue de dessiner les lignes d’une electronica pop poétique et langoureuse, dont il a seul le secret. En sortant aujourd’hui ce troisième album solo, il persiste et signe dans une voie toujours aussi charnelle et organique. Le premier titre qui donne aussi son nom à l’album « Concrete and Glass » nous tire doucement vers un sommeil hypnotique, nous invite à nous étendre sur le sofa et nous ouvre la porte de rêves élégants et aquatiques. Sur « Back to your Heart », la voix divine de Kate NV et ses intonations à la Kate Bush nous entraine dans une plongée sous marine, avec ces notes de synthés cristallines, ces sonorités 70’s qui sont autant de petites bulles d’air qui voguent au gré de l’instant. Sur « We Forgot Love », la voix de Kadhja Bonet nous happe et voilà que l’on s’abandonne sans réserve pour descendre un palier plus bas. Et puis les voix vocodées de « What Makes Me Think About You » nous renvoient en surface pour une bonne bouffée d’oxygène avec ces sonorités electro rétro 70’s mélancolique qui rappellent l’excellent « Moon Safari ». Véritable tube en puissance, « What Makes Me Think About You , titre entêtant et dissonant nous renvoie aux grandes heures la French Touch des 90’s. La suite est une véritable plongée à nue dans les bas fonds aquatiques avec ces sonorités étranges et décalées. Sur « Time on my hands », on glisse lentement, on se laisse couler à pic dans les eaux profondes et noires de la solitude et de la nostalgie, sans savoir si on touchera le fond.  Nicolas Godin conjugue avec talent ses multiples influences pop et fabrique une bande son à l’atmosphère unique où viennent se greffer basses funk, batteries lentes, voix vocodées et autres sons très surprenants. Mais sa musique est surtout construite avec intelligence et prend le parti du son aux couleurs du plaisir et de la caresse. Derrière l’apparente coolitude que laisse présager la pochette du disque avec ce paysage paradisiaque, il y a l’ordre et la rigueur, derrière l’apparente tranquillité, une présence charnelle. Ce nouvel album est un étonnant exercice de style qui va en surprendre plus d’un. Forcement, on adore.

Visuel: pochette

      

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Jean-Christophe Mary

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