Musique

Live report : les Transmusicales (samedi 11/12/10)

13 décembre 2010 | PAR Floriane Gillette

Samedi soir, c’était la dernière ligne droite des Transmusicales. Avant de prendre la navette, nous avons juste le temps de faire un détour par le centre-ville de Rennes. La ville s’agite : aucun doute ,il y aura du monde ce soir. Nous croisons la chanteuse Anaïs, certains membres du groupe The Popopopops. oui c’est aussi ça les Trans.

Après un trajet haut en couleurs et en chansons, nous voici arrivés au parc des expos. Premier concert, Hall 4 : Dominique Young Unique, une jeune femme de vingt ans à peine, qui offre un rap vindicatif servi par un flow plutôt speed. Sexy, ça oui, il n’y a qu’à observer les réactions masculines du public sur « Show My Ass », mais la petite est surtout en colère. Cette boule de nerfs venue tout droit de Floride a la haine. Les samples qui accompagnent la belle sont festifs, ce qui donne un mélange très original et parfois anarchique. Dominique remercie Rennes et nous répète qu’elle nous aime, elle quitte la scène trois fois, avant de revenir déverser son flow. Cette mise en scène a conquis une salle venue d’abord pour l’intrigante demoiselle et repart séduit par un hip-hop anarchique, mais contrôlé.

Après une pause cette fois-ci au bar à vin, direction le Hall 3 pour une rencontre avec une vieille connaissance, Roky Erickson. Ce papy du rock’n’roll, fondateur des 13th Floor Elevators avait disparu de la scène. Plusieurs fois interné, il revient accompagné du groupe The Explosives et de son légendaire guitariste Cam King.

Ce concert révèle un tableau singulier et détruit les dires de certains. Non le public des Transmusicales ne se compose pas que de jeunes minots.  Roky est soutenu par un public avisé partageant même certains choix stylistiques. A vos cheveux longs, vos blousons en cuir et en route pour un road trip en cadillac sur la Route 66, pour la bande son : des riffs de guitares électriques servant un bon vieux garage rock. Tantôt psyché tantôt bluesy, Roky nous fait voyager et on se laisse guider.

Des rumeurs circulent : on murmure que Crocodiles donne un concert au Hall 5 sur la scène du Mouv’. Vite, vite allons voir ce que ça donne. Hé bien, ça dépote ! Lunettes noires, slim et boots sont de rigueur. Difficile de se frayer un chemin parmi les groupies mais on parvient tout de même à apprécier un rock joyeux et très électrique. Les filles aiment Crocodiles. Crocodiles aime le pastis (le chanteur n’a pas quitté sa bouteille du set). Le groupe met en joie avec une reprise de « Groove is in the Heart » titre phare de Deee-Lite.

Autre curiosité du festival : la green room. Depuis deux ans, le Hall 4 accueille une petite pièce d’où s’échappent des sons qui chatouillent les oreilles. On ose écarter les rideaux de la room et on entre dans un club miniature. Les DJ’s se succèdent, la température monte très vite car dans cet espace confiné les corps se déchaînent sur les sets de Manaré, Janski Beeeats, French Fries et IIIStM. De 23H à 5 h la crème des nouveaux patrons de l’electro à la française se suivent pour faire clubber.

Nous n’avons encore rien vu dans le Hall 9 ce soir ? Bizarre, Pnau va alors inaugurer notre passage dans la plus grande salle du festival (jauge de 7000 places). Le projet de Nick Littlemore fondateur d’Empire of the Sun présente son nouveau bébé : un duo venu de Sydney. Au départ, la salle semble fatiguée, et moins réceptive. Probablement, la fatigue du weekend, car rapidement la pop de ces Australiens charme le public. Belle stratégie de la part de Pnau qui a su commencer par des titres pop avant d’opérer un virage à 360° pour balancer des sons electro puissants. Les guitares s’effacent, place aux platines. Bien joué pour Pnau malgré quelques réactions mitigées. Si certains s’imaginent danser sur les plages australiennes, d’autres trouvent les rythmes moins entraînants. Le débat continue, mais nous devons absolument filer au Hall 4 en urgence sous peine de manquer un phénomène incroyable. Bye-bye Pnau, hello Blitz The Ambassador.

Effectivement manquer le MC Blitz the Ambassador aurait été un crime inexcusable. Une énorme claque ! Imaginez un mix entre les Blues Brothers, un MC new-yorkais et des accents jazzy made in New Orleans ! Originaire du Ghana, Blitz fonde à New York son label Embassy MVMT, en 2009, sort Stereotype. Les stréréotypes justement Blitz est là pour les briser. Il nous prouve que le hip-hop se marie très bien avec un orchestre jazz. Pas moins de deux saxophones, une trompette, un trombone, une batterie et un bassiste se démènent et transpirent dans leurs smokings. Les musiciens sont tellement géniaux que jouer de la trompette ou du saxo semble être un jeu d’enfant. Ils osent même quelques pas de danse, le tout synchronisé. Ce retour à l’authentique nous réjouit. Certes, ils en mettent plein la vue et plein les oreilles mais sans aucun artifice technologique juste un MC au flow élégant et des musiciens de grande qualité. Blitz the Ambassador et l’Embassy Ensemble ont choisi un retour aux fondamentaux et ils ont tout compris. « Free your mind, free your mind », scande Mister Blitz. Le public fait corps avec lui : c’est l’un des plus beaux moments du weekend. L’ovation ira même jusqu’à faire un rappel, ce qui est rare en festival.

1H45 un samedi, l’heure est au clubbing . A-Trak le sait, alors il envoie ses plus beaux mixes pour  faire danser. Le Hall 9 revit. Ce Montréalais de 28 ans n’en est pas à ses premières armes : engagé par Kanye West sur sa tournée, il a depuis fondé son label Fool’s Gold. Des sets souvent éclectiques voire surprenants qui mixent Duck Sauce, Daft Punk M.I.A., Yeah Yeah Yeahs…

Pour finir ce weekend de folie : la green room, puis les Finlandais de Renaissance Man qui nous ont menés jusqu’au petit matin, 6H du mat’ exactement. Notons d’ailleurs que le stade « Je suis un peu fatigué » est dépassé, le secret c’est de ne jamais s’arrêter de danser : si on prend une pause, on est foutu. Heureusement que Renaissance Man ne souffle pas une techno aussi polaire que les températures d’Helsinki. Au contraire, des sons chiadés et travaillés pour notre plus grand plaisir. Pour ceux qui préfèrent les rythmes plus latinos, Bomba Estéreo est là pour eux. Derrière la chanteuse, se cache en réalité un quatuor colombien dynamique. Allez, vous reprendrez bien un peu de ces rythmes ragga avant de clôturer la 32ème éditions des Transmusicales. C’est de la bomba, bébé !

Cette fois, c’est terminé, les Transmusicales referment leurs portes. Une fois de plus les découvertes étaient au rendez-vous, à nous de faire nos choix et de suivre ces artistes prometteurs. Les halls se vident et les bus-navettes se remplissent. A l’année prochaine!

« La société du mépris de soi », de François Chevallier
Winnie l’Ourson
Floriane Gillette

2 thoughts on “Live report : les Transmusicales (samedi 11/12/10)”

Commentaire(s)

  • Une très bonne année pour les Trans avec d’énormes concerts (Is Tropical, Connan Mockasin, Shogun Kunitoki, Matmon Jazz, Wooden Shjips, Blitz The Ambassador, Bomba Estéreo, Batida), de bonnes surprises (Egyptian Hiphop, Funeral Party, Oy, Concrete Knives, Wu Lyf, Madensuyu, Salem, Crocodiles, Janski Beeeat, A-Trak) et quelques plantades (Lars, Mia, Teenage Bad Girl). On pourrait grossièrement résumer le festival à ce schéma : hall 3 rock, hall 9 electro, hall 4 sono mondiale. Mais cela serait trop simple. Nous voilà informés de ce qui devrait tourner dans les prochains mois… ou prochaines années. Comme toujours, Noël avant l’heure. Merci

    Si vous voulez lire notre reportage complet des 3 jours, c’est ici : http://www.fm-r.info/forum/viewtopic.php?id=13620

    décembre 19, 2010 at 21 h 28 min

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