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Wynton Marsalis à la Philharmonie

Wynton Marsalis à la Philharmonie

17 février 2018 | PAR La Rédaction

Nous étions à la Philharmonie pour assister au concert de Wynton Marsalis et son big band Jazz at Lincoln Jazz Center Orchestra, une des références américaines en la matière.

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Depuis des décennies, Wynton Marsalis est rattaché au Jazz Lincoln Center, en fervent défenseur de la vraie tradition du Jazz, qui fait se rappeler que les orchestres de Duke Ellington ou de Count Basie ont été les créateurs expérimentaux de l’écriture du big band, qui, au même titre que les grandes partitions de compositeurs classiques, constituent aujourd’hui le patrimoine musical mondial. Dès le début, Wynton Marsalis a pensé cette formation comme le fleuron de l’institution défendant l’importance de la musique de Jazz dans le domaine des arts, et en montrant la diversité.

On ne s’étonnera pas alors que le concert de ce soir fut très académique et polissé, avec un big band tout en costumes impeccablement repassés, pupitres noirs, plein feux sur la scène (comme un orchestre symphonique) et jouant entièrement en acoustique.
Les sonorisations parfois forcées des musiques du genre nous avait fait oublié qu’un big band naturel a la puissance d’un orchestre symphonique et permet de révéler des subtilités d’orchestration des arrangeurs hors pairs de l’équipe du Lincoln Jazz Center.
En effet, cet tâche importante est confié aux représentants de chaque pupitre : trompette, trombone, saxophone, piano, contrebasse.
Chacun donc dans cette formation a « son » morceau à arranger et son moment de gloire en tant que soliste.
Car leader il n’y a pas : Wynton est au sein du pupitre de trompette, et ne prend que peu de solos, qui passent à tous les membres de l’orchestre sans exception.
Cette humilité du trompettiste est en adéquation avec la philosophie qu’il prône au sein de la respectable institution.
Il laisse même le solo final au grand Sherman Irby, qui laissa la salle sans voix dans un très long solo de saxophone alto tout en nuances, non dits et respirations, jusqu’à une série d’accord pianissimo du pupitres de saxophones seuls conclue dans la douceur et la grâce le concert.

On aurait peut être aimé un brin de folie et de surprise en plus, dans cet orchestre très sérieux et très statique, qui aurait pu transformer un peu la froide Philharmonie en Cotton Club l’espace d’un soir, mais on s’est satisfait en appréciant la qualité irréprochable de ses musiciens, l’audace des arrangements, la couleur et le goût du swing, et enfin la grande modestie de Wynton Marsalis s’inclinant respectueusement derrière une musique qui constitue déjà une part de l’humanité.

texte et photo : VLADIMIR

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