Jazz
Roxane Arnal, une voix cristalline envoûte la scène du Sunset

Roxane Arnal, une voix cristalline envoûte la scène du Sunset

14 octobre 2020 | PAR Geraldine Elbaz

Dans le cadre du Festival Jazz sur Seine, pour la sortie de l’EP « Doorways », Roxane Arnal, accompagnée du pianiste Baptiste Bailly ont donné un concert intimiste aux tonalités pop folk jazz, au Sunside Sunset le 10 octobre dernier. Une soirée chaleureuse, sous le signe de la douceur, de la beauté et du talent.

 

Roxane Arnal, 25 ans, jolie jeune femme au physique gracile, aux cheveux blonds et à la voix de velours, a déjà un beau palmarès à son actif. Musicienne, chanteuse, actrice, elle réussit dans tous les domaines. On l’a vue récemment sur Arte dans le téléfilm Un adultère (2018) avec Isabelle Carré, pour lequel elle obtient le prix du meilleur espoir féminin (Festival de Luchon). Multi-instrumentiste, elle joue du piano, de la guitare, mais aussi de la contrebasse, de la mandoline et du ukulélé. Influencée par Clapton et BB King, elle mélange les styles aux sonorités folk et blues. Elle nous présentait samedi soir Doorways, un savoureux mélange empreint de country, baigné de jazz avec des sonorités rock !

Devant une salle comble de mélomanes aguerris, les artistes sont heureux de nous présenter leurs créations musicales, aux arrangements poétiques et élégants. Chaque morceau, comme un cadeau précieux, dévoile une émotion, traduite en musique par des accords à la fois doux, généreux et puissants, avec des rythmes tantôt langoureux, tantôt rapides, syncopés et entraînants.

De Rushed to fly, à Give it all en passant par Doorways, The key et No one knows my name, chaque titre regorge d’une richesse musicale rare, avec une structure contrastée, saisie de ruptures formidables.

Aux notes de piano, accompagnées par la guitare et les percussions viennent se greffer majestueusement les voix onctueuses de Roxane et de Baptiste, comme un souffle chaud qui nous enveloppe et nous transporte vers d’autres sphères. Leurs deux voix s’entremêlent dans un halo de douceur, on se laisse bercer par la magie du moment, on devine un imperceptible vibrato, et voilà que le rythme s’accélère, que le grain s’étoffe quand la voix monte en puissance. On passe du velours au métal, du lisse aux aspérités rugueuses. Les textures changent, les tonalités fluctuent et tout ça dans le même morceau.

L’univers sensible et lumineux de Roxane Arnal et de Baptiste Bailly nous touche, leur musique aérienne et profonde nous fait voyager : on change de lieu et d’époque. Certaines harmonies nous évoquent la bande originale du film O’Brother (Man of constant sorrow), on croit reconnaître aussi de jolies nuances propres aux Beatles.

Dans la voix de la chanteuse au timbre cristallin, on distingue une certaine candeur fragile, mêlée de délicatesse qui nous fait penser à Katie Melua ou à Lisa Ekdahl avec ce côté femme-enfant à fleur de peau.

Une très jolie découverte.

Visuels : pochette

Roxane Arnal feat. Baptiste Bailly
Dorways
Au Sunside Sunset
Le 10 octobre 2020

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Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

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