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« La première marche » brise les clichés sur les luttes LGBT+ en banlieue

« La première marche » brise les clichés sur les luttes LGBT+ en banlieue

14 octobre 2020 | PAR Lou Baudillon

La première marche est une plongée documentaire dans l’organisation de la première marche des fiertés en banlieue. Cette Gay Pride d’un nouveau type qui eu lieu à Saint Denis le 9 juin 2019 fut filmée de sa genèse à son éclosion, des premières réunions à l’événement tant désiré. En salle aujourd’hui.

Née d’un projet de 4 étudiants de l’Université Paris 8, Youssef, Yanis, Annabelle et Luca, l’idée d’une marche des fiertés LGBT+ pour la première fois pensée pour la banlieue se mut en un projet énergique mené de but en blanc par cette bande d’amis. Filmé des débuts balbutiants à l’émerveillement d’une première marche ayant rassemblé près d’un millier de personne, le film retrace de manière touchante l’éveil de l’événement. L’objectif de la marche : faire voler en éclat les clichés à la fois sur les communautés LGBT+ et les quartiers populaires en mettant l’accent sur le cumule des stigmatisations que peuvent vivre certaines personnes issues de ces milieux. La marche se pense à la fois comme un combat pour les luttes LGBT+, contre le racisme, la précarité et les discriminations des personnes issues des banlieues. En résumé, une « Gay Pride » nouvelle, plus inclusive que sa voisine parisienne, plus «intersectionnelle», à l’étendard fulgurant : BANLIEUSARD.E.S et FIER.E.S !

La première marche, par sa franchise et l’authenticité quasi artisanale de sa démarche, soulève autant de questions sociales réelles qu’il se porte sur l’intimité des protagonistes et les aspirations d’une nouvelle génération. On ne peut qu’être emporté par l’énergie vitale de la jeunesse engagée dont le film dresse un portrait si simple et pourtant si puissant dans sa sincérité. Celle-ci se dessine dans ces moindres moments, des éclats de joies aux découragements, dans les rencontres qui se font et où la parole se libère. L’attention se porte en toute transparence sur ce que c’est aujourd’hui qu’être homosexuel lorsque l’on est racisé, lorsqu’on est féministe, sur la place que prend la sexualité dans le développement de soi et dans les luttes politiques, sur les regards qui nous sont renvoyés. La réalisation ne se place jamais à l’extérieur, elle s’immisce au contraire dans les regards et dans les émotions de ses protagonistes. Un procédé qui rend particulierment sensible ce qui se passe à l’écran et interpelle d’autant plus sur la cause qui est défendue, celle d’une liberté sans limite et de la revendication fière de ce que l’on est, au delà des supposées contradictions.

 

Visuels : ©OutPlay films

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