Musique

Israël, le boycott culturel se confirme

09 juin 2010 | PAR Cecile David

Depuis le raid israélien lancé lundi 31 mai sur une flottille internationale en direction de Gaza, plusieurs artistes ont annulé leur concert en terres israéliennes. Les autorités s’insurgent contre ce boycott culturel qu’elles jugent intolérable. Dernière déprogrammation enregistrée : le concert des Pixies initialement prévu le 9 juin.

Out

Depuis une semaine, Israël souffre de carence musicale. Nombreux sont les artistes qui ont décidé d’annuler leur représentation à l’occasion du Pic Nic Festival organisé au sein du pays. Gorillaz, The Klaxons et Gil Scott-Heron en font partie. Ils restent cependant évasifs quant au motif de cette prise de décision précipitée. Carlos Santana, lui, s’explique. Le guitariste de renommée mondiale exige « moins de tensions, moins de conflits et de peur » pour pouvoir jouer dans de bonnes conditions. Elvis Costello partage le même avis. L’artiste déclare sur son site qu’il déplore « les conditions qui vont jusqu’à l’intimidation, l’humiliation ou bien pire à l’encontre des civils palestiniens au nom de la sécurité nationale ». Le Pic Nic Festival est ainsi déserté au plus grand désarroi des fans et des autorités. Le dernier coup porté est signé The Pixies. Les raisons de leur retrait restent floues. « La décision n’a pas été facile », selon le groupe (guardian.co.uk). « Nous savons bien que nos fans israéliens attendent notre venue depuis longtemps. Nous voudrions présenter nos plus profondes excuses aux fans, mais des événements qui ne sont pas de notre ressort se sont ligués contre nous. » Une organisation israélienne aurait envoyé en mars dernier une lettre au groupe américain pour le prier d’annuler ses concerts en Israël. Visiblement le message est passé.

Le quotidien israélien Haaretz, pensait que le groupe de rock alternatif serait au dessus de cette vague de contestation. Il qualifie leur boycott de « pathétique ». De son côté, le producteur de l’événement musical s’insurge. « Les fans ne doivent pas être punis pour les actions de leurs gouvernements ». Shuki Weiss a du mal a saisir l’intérêt d’un tel « terrorisme culturel » qui porte non seulement  préjudice à Israël mais aussi aux « arts en général dans le monde ».  La porte-parole de Shuki Weiss explique « que le boycott culturel est une affaire d’État ». Le gouvernement israélien doit « prendre les choses en main pour lutter contre ceux qui font tout pour empêcher des artistes de se produire en Israël ».

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Heureusement, tous les groupes ne cautionnent pas ce boycott international dirigé envers Israël. Placebo n’abandonne pas l’équipe du festival et confirme sa présence. Malgré la gravité de la situation, le chanteur Brian Molko ne perd pas le sens de l’humour. Ainsi, lorsqu’un journaliste israélien lui demande s’il est préférable aujourd’hui d’avoir le soutien d’Israël, celui-ci lui répond : « Je suppose, si vous décidez de faire du bateau ». Metallica, Rihanna et Kool and the gang ont récemment assurer le show en Israël en dépit des tensions politiques internationales.  Enfin, le chanteur américain Devendra Banhart et John Lydon, des Sex Pistols devraient être présents en août à Tel Aviv pour un autre festival de rock. C’est du moins ce qu’ils ont confirmé auprès des organisateurs.

Le boycott culturel auquel doit faire face Israël est vécu comme une humiliation pour le pays. Quand les conflits d’ordre politique empiètent sur le monde culturel le résultat n’est jamais glorieux.

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4 thoughts on “Israël, le boycott culturel se confirme”

Commentaire(s)

  • VERDIER

    tous ces groupes , tous ces chanteurs, qui ont annulé leur spectacles en Israël, pourront toujours se refaire une santé financière en se produisant, par exemple, en Iran, en Turquie,en Syrie, au Liban, en Arabie Saoudite(kleptomane s’abstenir sinon plus de solo de guitare)etc… je souhaite, à tous, d’entendre les son mélodieux et démocratiques qui s’échappent de ces pays amateurs de bonne musique occidentale!

    juin 9, 2010 at 4 h 34 min
  • RR

    Pfff les clichés débiles de merdier… euh je voulais dire verdier…

    juin 9, 2010 at 19 h 43 min
  • thierry

    Bien,donc être musicien c’est être déconnecté de la vie réelle et des tensions qui agitent notre belle planète. Gaza après tout n’est qu’un repaire d’arabes. Et israel avec sa politique de ségrégation, ethnique, économique, et son beau mur est un exemple de démocratie, avec un gouvernement très modéré qui recherche l’apaisement à tout prix, tout le monde sait cela. Etre musicien c’est ne pas avoir de conscience et de prise de position de temps en temps ?

    juin 19, 2010 at 14 h 00 min

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