Musique

Gallery : Sir Samuel, interview d’un ancien

Gallery : Sir Samuel, interview d’un ancien

19 octobre 2011 | PAR Olivier Handelsman

Né en 1977 en banlieue parisienne, Sir Samuel fait partie de la deuxième génération des rappeurs français. Membre de Simple Spirit, puis du légendaire Saïan Supa Crew, voix principale de la chanson « Angela », connu pour avoir diversifié les musiques et les thèmes mis en avant dans le rap français, comme pour avoir popularisé le beatboxing. C’est donc une légende qui nous a accordé cette interview, avec de l’énergie, des projets et de la sympathie à revendre, pour la sortie de son deuxième album, Gallery.

Toutelaculture.com: Bonjour Sir Samuel. Le public te connaît majoritairement comme membre de Simple Spirit au sein du Saïan Supa Crew. Depuis, tu t’es affirmé en solo avec ton album Vizé Pli O (2006). Quand as-tu commencé à préparer tes projets solo ?

Sir Samuel: Salut ! En fait je travaillais déjà sur des chansons en solo en 2005 (i.d.: le Saïan Supa Crew s’est séparé en 2007). C’est là qu’est née l’idée de l’album Vizé Pli O, dont le titre en créole reflète bien ma mentalité : continuer d’avancer sans se prendre la tête, laisser couler l’écriture au fil du feeling, sans jamais être superficiel. Je suis actif par périodes depuis toujours, et là le but c’est de profiter de cette pente ascendante, où j’ai tout le temps envie de monter sur scène et d’écrire.

Vizé pli o, premier album solo de Sir Samuel

Toutelaculture.com: C’est ce que l’on ressent dans la chanson Mental Offishall (extrait du nouvel album, sortie début 2011) en featuring avec Féfé (ndlr: ex-Saïan Supa Crew lui aussi). Votre voix, votre façon de danser et de bouger dans le clip ont déjà séduit le public. Pourquoi avoir choisi le skate park de Bercy, orné de tags et de graffiti, comme décor ?

Sir Samuel: On a choisi cet endroit parce que beaucoup de gens y pratiquent le roller, le skate et le vélo. Ce sont pour moi des disciplines un peu ingrates, où il faut beaucoup travailler et s’entraîner pour arriver à un résultat, et pour très peu de reconnaissance à l’arrivée. J’ai moi-même fait du skate et du roller dans ma jeunesse, et aujourd’hui encore je me déplace en BMX dans Paris.

Le Saïan Supa Crew, de gauche à droite : Féfé, Sir Samuël, Sly The Mic Buddah, Leeroy Kesiah et Vicelow

Toutelaculture.com: Après Féfé, Busta Flex (sur la chanson Carnaval) et Little Dan (Dire je t’aime)  as-tu l’intention de faire d’autres featurings ? Quels artistes musiciens aimes-tu écouter (ou réécouter) ?

Sir Samuel: Oui ! Pas forcément des rappeurs, je suis très ouvert. Par exemple, j’aimerais bien travailler avec Norah Jones. Je n’ai pas de barrière musicale et j’aime tout autant Dr. Dre (dont j’attends l’album avec impatience), le Wu-Tang Clan, Black Milk (ndlr: rap US) que Niro, Sadek (rap français), Capleton, Sizzla (reggae) que Brigitte (chanson française), qui est drôle et décalée. Cette ouverture me vient de la mode des années 80, où on a été bercés par le Top 50 de Marc Toesca, avant l’arrivée du hip-hop.

Toutelaculture.com: La mode des années 80 revient régulièrement, mais en ce moment c’est particulièrement le hip-hop qui est touché par cette vague nostalgique (OrelSan et sa chanson 1990 par exemple), qui cite les marques et les sons qui ont fait la street culture de cette époque. Est-ce ce que tu as voulu faire sur la chanson Urban Classik ?

Sir Samuel: Ouais, exactement. Je voulais rendre hommage à tous les groupes qui font vibrer les gens, quel que soit leur genre de musique. La plupart de ces artistes ont d’abord rencontré le succès aux Etats-Unis avant d’arriver en France, et c’est très beau aujourd’hui d’être passé du statut de spectateur à celui d’acteur de la musique. Avant on était juste baignés dans cette musique, et avec l’expérience on a acquis du recul, suffisamment pour réutiliser ces influences et faire notre propre son. Les années 80 ont l’air d’avoir vraiment beaucoup de succès en ce moment, mais aussi les années 90; j’ai vu qu’il y avait des soirées consacrées à la musique de ces décennies comme si c’était vraiment rétro alors que ça ne me semble pas si éloigné que ça. J’imagine que c’est aussi parce qu’il y a une forte demande que j’ai sorti cette chanson.

Toutelaculture.com: Le public s’attendait à un album très rap avec un arrière-goût de reggae ; il s’avère que c’est un mélange de genres plus complexe et plus diversement inspiré, pourquoi ?

Sir Samuel: Déjà à l’époque Saïan Supa Crew on essayait d’introduire de nouvelles mélodies, de nouveaux instruments, de nouveaux sous-genres dans le rap. C’est un peu comme ce que faisait Bob Marley, en insistant pour qu’il y ait des guitares électriques dans certains de ses morceaux, contre l’avis de ses musiciens. Et ça a cartonné ! Dans mon album, il y a trois chansons très pop, et des influences reggae un peu partout. Je suis un chanteur avant tout.

Toutelaculture.com: Cinq ans sans sortir d’album, peut-on dire que ton public t’a manqué ?

Sir Samuel: Il me manque tout le temps ! Mais à vrai dire, j’ai fait quatre concerts récemment, j’ai rassemblé une nouvelle formation dont trois musiciens et deux vocalistes. Ils me permettent de faire des sons plus bruts, plus authentiques. Et grâce à ça j’ai pu faire plaisir à mon public qui ne m’a pas lâché et qui montre sans arrêt son engouement pour ce que je compose, ça me fait vraiment plaisir. Les échos sont bons, et c’est pour ça que je pars en concert, en tournée, c’est ce que j’aime le plus. Bien sûr, vendre des disques c’est bien, mais garder le contact avec le public c’est bien mieux.

Toutelaculture.com: Donc, comme beaucoup d’autres chanteurs, la perspective de concerts et de succès te redonnent le coup de fouet nécessaire pour continuer à faire des chansons ?

Sir Samuel: Oui, bien sûr. C’est ce qui demande le plus d’énergie et d’endurance, et c’est ce qui est le plus gratifiant. Mais l’écriture, c’est quelque chose de naturel, qui vient avec l’inspiration. Quand tu as du succès, tu te préoccupes moins de ça. On peut dire que le succès nuit à l’écriture.

Toutelaculture.com: Tu n’as pas encore sorti ton nouvel album, as-tu déjà de nouveaux projets ?

Sir Samuel: Oui toujours. J’ai toujours des idées, j’écris tout le temps, j’ai envie de faire plein de choses. Je pense conserver mon cap musical, du rap avec des influences caribéennes, avec de la pop, de la soul et du zouk.

Toutelaculture.com: Qu’est-ce que va prochainement produire le grand Sir Samuel ?

Sir Samuel: Hahaha, merci beaucoup, ça fait plaisir. Eh bien, le clip de la chanson Urban Classik (la version album, plus reggae que l’originale) sort très bientôt. Il y aura un concert le 24 novembre au Nouveau Casino de Paris, et bien sûr la sortie de l’album le 31 octobre (ça pourrait faire un bon cadeau d’Halloween avec les bonbons !).


Fiac : une 38e édition verte et zen au Grand Palais et hors les murs
« Elles changent l’Inde » : femmes d’exception au Petit Palais
Olivier Handelsman
Olivier Handelsman est étudiant en master de management à Grenoble École de Management, et étudie en échange à la Simon Fraser University de Vancouver (Colombie-Britannique, Canada) au second semestre 2013-2014. Licencié de Sciences Économiques à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, Olivier est intéressé par la micro-économie, l'entrepreneuriat, le management stratégique, de l'innovation, de la musique, des systèmes d'information et des nouvelles technologies. Olivier Handelsman a été scénariste de courts et longs-métrages en machinima (images de synthèse issues de jeux vidéo), et a une expérience professionnelle de pigiste dans différents médias tels que le journal Le Point (hors-série Références), PC Jeux et Millenium Source, ainsi que d'auditeur de service client, de programmeur Visual Basic et de démonstrateur produit.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *