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Entre Paris et Londres, le groupe We were evergreen fait la conquête des deux côtés de la Manche: interview exclusive

Entre Paris et Londres, le groupe We were evergreen fait la conquête des deux côtés de la Manche: interview exclusive

28 septembre 2011 | PAR Amelie De Chaisemartin

Dans un studio près de la place Clichy, en pleine répétition, le groupe We were evergreen nous a reçus pour une interview, à la veille de leur départ à Londres, où beaucoup de concerts les attendent. Ce jeune groupe talentueux, qui a remporté de nombreux prix en France, le prix SFR jeunes talents 2010, et le prix Paris jeunes talents 2011 entre autres, connaît, depuis plusieurs mois, un grand succès en Angleterre. Ils s’en vont donc tenter leurs chances à Londres, sans oublier leur public français, qui les soutient depuis trois ans.

We were evergreen, depuis la création de votre groupe en janvier 2008, les choses ont beaucoup changé. Vous êtes désormais édités par Because, vous enchaînez les concerts, vendredi au Point Ephémère, samedi au Trocadéro et dimanche au festival Spectaculaires, et vous partez à Londres demain pour trois mois, avec un agenda bien chargé. Est-ce que vous avez le sentiment que les choses s’accélèrent considérablement en ce moment ?

Fabienne, voix et clavier: Je pense que c’est davantage une progression régulière, qui s’est faite peu à peu, et je crois que c’est un bon rythme, si l’on veut que ça dure.

Michael, lorsque tu composes les chansons du groupe, qu’est-ce qui t’inspire le plus ? Quels sont les sujets abordés par tes textes ?

Michael, voix et guitare: Mes chansons racontent souvent des histoires, un peu comme des petits contes. Elles parlent souvent de moments d’entre-d’eux, d’indécision entre deux états. J’évoque l’adolescence, les souvenirs d’enfance, les départs.

Comment, à partir des textes de Michael, créez-vous un morceau ?

Fabienne: Au départ, quand on était juste tous les deux, j’ai ajouté ma voix et les notes du clavier. Quand William est entré dans le groupe, on a retravaillé les harmonies vocales à trois, et on a accordé davantage d’importance aux percussions.

Maintenant, Michael nous envoie ses chansons avant les répétitions, on les écoute chacun de notre côté, on réfléchit à ce qu’elle pourrait devenir, et on fait des essais en répétition. L’harmonie des voix est toujours ce qu’on met en place en premier. L’expérience du live est aussi quelque chose qui fait évoluer nos morceaux. On les adapte selon le lieu et la durée du concert, surtout quand ce sont des chansons du tout début !

Qu’est-ce qui est le plus difficile pour vous en concert ?

Michael: Appréhender les différents publics.

Fabienne: On est encore dans une phase où les gens découvrent notre musique, donc quand ils restent immobiles et complètement neutres, on angoisse pas mal et on ne peut pas s’empêcher de se demander ce qui se passe dans leur tête. Parfois, ils sont là pour un autre groupe.

William, voix, guitare, batterie : Oui, c’est ça qui est le plus difficile, quand le public n’est vraiment pas là pour nous. Et puis, quand on a commencé, on jouait dans des bars, dans des conditions difficiles. Aujourd’hui on joue sur des scènes, avec des retours et un bon accompagnement technique, ça change tout.

Fabienne: Oui, mais ce n’est pas parce qu’on a une bonne salle que ça fait forcément un bon concert. C’est vraiment le public qui fait tout. Ça prend ou ça ne prend pas.

Michael: Et la difficulté c’est de ne pas en être affecté, de continuer à jouer malgré tout.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans les concerts ?

William: Quand ça prend.

Michael: Quand tu as l’impression que quelque chose se passe.

William: Quand certains chantent les morceaux avec toi, c’est génial, c’est comme un grand remerciement.

Fabienne: C’est un peu comme au théâtre, il y a des sortes de moments de grâce, où tous les comédiens, tous les musiciens, sont ensemble, avec la même intention, en symbiose. Parfois ce n’est qu’une phrase, ou un accord.

Au début, on faisait surtout attention à ne pas faire de fausses notes, mais quand on arrive à dépasser ça, on peut vraiment prendre du plaisir. On essaye d’être exigeants sans être scolaires, et sans que ça prenne le pas sur le plaisir de jouer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Est-ce que vous aimez autant l’enregistrement en studio ?

Michael: C’est un plaisir différent.

William: C’est beaucoup moins aléatoire. Le plaisir naît de l’excitation de trouver des choses nouvelles.

Michael: C’est comme en répet, quand on crée un morceau.

Fabienne: Mais on est moins en contact direct avec les gens, c’est un plaisir un peu plus auto-centré.

Est-ce que le style de votre musique a changé depuis la création du groupe ?

Michael: Oui, énormément.

Fabienne: On a varié les instruments. On a maintenant une guitare électrique, une pédale sampler…

Michael: On est passé de la folk pure à quelque chose qui brasse plus de genres, quelque chose de plus rythmé. Je dirais aussi, sans vouloir être prétentieux, qu’on crée avec plus de finesse qu’avant. On cherche plus à ciseler les morceaux. On passe énormément de temps sur chaque morceau.

William: On taille davantage une matière brute, on affine les contours.

Vous partez à Londres demain pour trois mois, avec quelques allers-retours prévus en France, est-ce que vous êtes excités, contents, stressés ?

Michael: Un peu tout ça à la fois.

Fabienne: Moi je ne suis pas trop stressée. On est bien encadrés là-bas, on a plein de concerts prévus. Et puis à Londres, on arrive mieux à rencontrer des gens nouveaux.

William: Enormément d’amis viennent nous voir en concert en France, donc c’est plus difficile de rencontrer des gens.

Fabienne: C’est plus professionnalisant pour nous là-bas.

William: C’est comme si on partait là-bas avec un CV, à la recherche d’un boulo. On va chercher un studio et un label.

Vous avez déjà fait beaucoup de concerts à Londres et en Angleterre, dans des salles et pendant des festivals, est-ce qu’il y a une différence entre les publics français et anglais ?

Fabienne: En Angleterre, on a eu des publics très différents. Lorsqu’on joue dans des festivals, des pubs ou des petites salles East-londoniennes, on n’a pas du tout le même public.

Mais ce qui est vrai, c’est que les Anglais parlent plus que les Français pendant les concerts.

William: Ils vont à des concerts comme nous on va au restau. Il y a tout le temps des concerts dans les bars là-bas.

Fabienne: Ils viennent moins pour te voir toi, un concert est quelque chose de beaucoup moins « sacralisé ».

William: Ce qui est génial, c’est que les Anglais se déchaînent pendant les festivals. Alors qu’en France, quand ce ne sont pas des grosse stars comme Coldplay qui jouent, les gens sont plus réservés.

Fabienne: Il y a vraiment une culture de la fête en festival. Les gens ont envie de danser et de s’amuser, et ils sont beaucoup mieux disposés envers les groupes qu’ils ne connaissent pas. Ils sont beaucoup plus fous. C’est à la fois déstabilisant et rigolo.

Est-ce que vous avez des petits cadeaux pour le public français pour les consoler de votre départ ?

Fabienne: On a déjà des dates prévues en France. Le 17 novembre, on assurera la première partie du concert de Thomas Dutronc aux Folies Bergères, on sera le 15 décembre à la Boule Noire, et le 21 décembre à l’Internationale pour une Christmas Party ! Notre nouvel EP sera à chaque fois disponible en concert.

William: Et puis, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, il faut que vous découvriez le clip de Vintage car sur Youtube.

Allez aussi sur notre site officiel:

 

 

 

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