Musique
En toute intimité avec Current Joys

En toute intimité avec Current Joys

10 avril 2022 | PAR Pierre Pouj

L’étasunien Current Joys, pour la sortie de son quatrième album, nous a fait part d’un set sobre et profond à La Boule Noire, sans fard ni artifices.

 

Dans l’art de choisir son nom de scène, Current Joys peut ici prêter à confusion. Loin des sonorités joyeuses qu’on pourrait lui prêter de prime abord, Nick Rattigan propose un style emprunt de mélancolie. Mais il faut dire que le genre fonctionne a merveille, et ses premières sorties, il y a presque dix ans, sont des cartons. Ses guitares sonnent d’une manière si caractéristique qu’il est difficile de passer à côté. Mais plus que les guitare, ce qui caractérise Current Joys c’est la manière dont il capture la mélancolie, la tristesse, et la rend belle. Cette couleur, ce sentiment, transpire dans les boucles de guitares, dans leurs tons, dans la batterie électronique et bien sûr dans ses paroles. Nick Rattigan parle ici a toutes les peines, toutes les angoisses, et, a défaut de les régler, sa musique procure un certain réconfort plus que nécessaire 

En première partie, La Boule Noire a eu droit a de l’originalité. Albertine Sarges accompagnée de deux musicien.nes et avec quelques chansons, a largement conquis l’audience pressée sur le devant de la scène. Deux guitares claires, une boîte à rythme, et une joueuse de flûte traversière, voilà le line up. Des sons calmes, clairs, doux, à la limite du planant, des paroles parfois drôles ou bizarres, une certaine touche d’humour, et, surtout, une joie communicative. Le groupe prend un plaisir fou, joue peur eux, et cette allégresse se transmet d’un bout à l’autre de la salle. Une vraie découverte, et un moment bien trop court, il faut le dire.

Le changement de set fut rapide. Déjà léger pour la première partie, le voici minimaliste pour Current Joys. Deux micros, un ampli, une boîte à rythme et un looper. Et le voici entrer sur scène comme s’il venait seulement d’arriver, sa guitare encore dans son étui, son capo dans une de ses poches de manteau. D’un air timide, il engage la conversation, meuble le temps de démêler son jack, et une fois branché, le set démarre. Maniant sa guitare à la perfection, créant ses boucles d’une manière si naturelle qu’on s’imagine des musiciens caché en backstage. Mais non, Nick Rattigan réussit son set, charme son audience. L’on pourrait regretter sa voix parfois trop forcée, avec des vibratos un peu gênant, ou justement la sobriété du set, qui laisse un peu de côtés les tons des guitares qui diffèrent d’une chanson à l’autre. Mais parfois, avec un rien on peut faire quelque chose d’impressionnant, ce qui était le cas hier soir.

 

Crédit Photo : album cover de Current Joys – Voyager

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Pierre Pouj

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