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Playing for Philharmonie : François-Xavier Roth dirige l’Orchestre Société Générale en salle Boulez les 21 et 22 juin 2021

Playing for Philharmonie : François-Xavier Roth dirige l’Orchestre Société Générale en salle Boulez les 21 et 22 juin 2021

22 juin 2021 | PAR Yaël Hirsch

Depuis 2013, François-Xavier Roth, aidé de Joël Sanchez et de solistes de Siècles, encadre les musiciens de l’Orchestre Société Générale pour un ambitieux concert annuel, Playing for Philharmonie. Malgré la crise sanitaire, le travail a pu avoir lieu cette année et c’est devant une jauge réduite à 900 personnes (sur 2000) que le concert annuel a eu lieu hier et recommence ce soir. Une invitation au voyage de grande qualité, menée avec délicatesse et charisme par le chef.

Jouer ensemble, malgré le coronavirus

C’est Frédéric Oudéa, le directeur général de la Société Générale qui ouvre la soirée avec un discours énergique où il rappelle l’engagement fort pour la musique de l’entreprise, et le travail avec de grands musiciens notamment le violoncelliste, Gautier Capuçon avec lequel la Société Générale organise le festival « Un été en France ». C’est le chef François-Xavier Roth qui rappellera un peu plus tard l’importance de l’engagement de la structure auprès de dizaines d’orchestres indépendants, comme les Siècles, qui n’auraient pas survécu à la crise que nous venons de traverser sans cette aide (voir la page mécénat de la banque).

Un petit film, irrigué par l’électro de Rone, nous montre le travail acharné, principalement en visio, des musiciens de l’Orchestre Société Générale pour être prêts malgré les confinements. On y entend également les musiciens des Siècles, notamment le premier violon Jan Orawiec, qui jouent ce soir et qui ont encadré l’orchestre tout au long du projet. L’Orchestre Société Générale joue donc, ce soir, envers et contre tout, même si la situation sanitaire ne permet pas au chœur de se joindre à lui.

Un voyage dans la musique

C’est à un petit tour d’Europe que nous convie ce Playing for Philharmonie : la Russie d’abord avec deux mouvements du Capriccio Espagnol de Rimski-Korsakov puis des extraits du Prince Igor de Borodine. Puis l’Allemagne avec Beethoven et Brahms et enfin la France avec Saint-Saëns et une création pour Orchestre du fameux « Motion » de Rone qui illustre les publicités « C’est vous l’avenir » de la Société Générale. Le final sera festif et américain avec le Mambo du West Side Story de Leonard Bernstein.

Et dès les premières notes, le public est attrapé et bluffé. Non seulement le programme est ambitieux et bien choisi, mais aussi bien dans les syncopes merveilleuses de Rimski-Korsakow que dans les variations subtiles de Borodine. Introduit avec pédagogie et brio par François-Xavier Roth, le premier mouvement de la Cinquième de Beethoven dégage toute la puissance requise. Et la beauté fantomatique du 3e mouvement de la 3e Symphonie de Brahms prend à la gorge, suscitant beaucoup d’émotion.

L’excellence et le plaisir

Du côté de l’orchestre, il semble que c’est au moment où les musiciens se mettent à répondre à l’imposant orgue du dernier mouvement de la 3e Symphonie de Camille Saint-Saëns, piloté par Daniel Roth, le père du chef d’orchestre, que le plaisir se mette à l’emporter sur le trac. C’est une immense joie de les entendre non seulement extrêmement bien jouer, mais aussi se fondre ensemble dans la musique avec une joie intense.

La création de Rone pour Orchestre ne dépareille pas trop et les variations subtiles ne sont pas sans rappeler la maîtrise dont l’orchestre a fait preuve pour Borodine.

Enfin, en final un peu surprise, l’endiablé « Mambo » de Bernstein qui fait crier le public est un pur moment de liesse pour l’orchestre. Joie répétée en bis, avec si possible encore plus de fougue.

Alors que dans la salle, les collègues se lèvent pour applaudir la Société Générale, nous nous disons que c’est une bien belle expérience de la fête de la musique que d’entendre cet Orchestre si bien mené, et qui a su tant travailler pour se lancer dans un répertoire si exigeant. C’est enthousiasmant pour les oreilles mais également pour les idées et idéaux de construction et cohésion, après une année où nous avons dû vivre tellement disloqués.

visuel : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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