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Mendelssohn et Schumann annoncent le printemps à la Seine Musicale

Mendelssohn et Schumann annoncent le printemps à la Seine Musicale

18 mars 2022 | PAR Jean-Marie Chamouard

Le 14 et 15 Mars 2022, à la Seine Musicale, l’Insula Orchestra interprète sous la direction de Laurence Equilbey, le concerto pour violon n°2 de Félix Mendelssohn et la première symphonie dite «Le Printemps» de Robert Schumann. La violoniste allemande Carolin Widmann est invitée comme soliste.

Un chef d’œuvre du romantisme allemand

Le concerto pour violon en mi mineur a été composé par Félix Mendelssohn (1809-1847) entre 1838 et 1844. Il est considéré comme un chef d’œuvre, alliant à la perfection classicisme et romantisme. Dédié au violoniste Ferdinand David, il sera crée en 1844 à la Gewandthaus de Leipzig, dont Mendelssohn était le chef d’orchestre. Il ne pourra pas diriger lors de sa création du fait d’une santé défectueuse, mais il entendra le concerto joué par Joaquim en 1847, un mois avant son décès. Il est interprété ce soir par Carolin Widmann, une violoniste allemande au répertoire étendu. Elle mène une carrière de soliste, jouant les grands concertos classiques mais aussi de chambriste , elle interprète de nombreuses œuvres contemporaines, certaines étant écrites à son intention.
Lors de l’allegro molto appassionato, le soliste expose tout de suite le premier thème, un chant très célèbre, vibrant de ferveur, passionné. Le deuxième thème est romantique, emprunt de douceur. La virtuosité et l’expressivité du jeu de Carolin Widmann se dévoilent lors de cadence. Puis l’orchestre ré-expose le thème principal avec puissance et grâce. L’équilibre est parfait entre le soliste et l’orchestre. Une longe note tenue du basson résonne, annonçant le deuxième mouvement. La mélodie est superbe, émouvante, le chant du violon paisible, serein. C’est une romance de toute beauté. Le troisième mouvement s’enchaîne directement sans pause. Le violon entraîne l’orchestre. Joie, insouciance, gaîté imprègnent l’allegretto non troppo qui évoquerait «Un songe d’une nuit d’été». L’auditeur peut imaginer une fête nocturne, joyeuse et élégante .La fin du concerto est éclatante, tourbillonnante de rapidité et d’énergie. Une musique parfaite, d’une totale pureté. Une grande émotion artistique.

Le printemps du bonheur de Robert Schumann:

1841. Robert Schumann (1810-1856) vient enfin d’épouser Clara. Il aborde la symphonie, sur les conseils de son épouse, dans les meilleures conditions. Il écrit sa première symphonie «Le Printemps» avec aisance, rapidité. Moment de bonheur, Clara Schumann percevra dans cette symphonie «comme un vol d’oiseaux».
Le premier mouvement débute par l’éclat des trompettes. C’est une déclaration, un éveil, l’arrivée du printemps vue comme une renaissance. La musique est très contrastée, les lourds accents majestueux parfois presque martiaux alternent avec les moments plus lyriques où s’exprime la joie printanière. Le titre du deuxième mouvement était «Soir». Portée par les violons puis les violoncelles, la musique est empreinte d’une langueur, d’une torpeur évoquant une rêverie nocturne. Il s’enchaîne avec le scherzo , la musique est rythmée, entraînante. Le scherzo avait été intitulé par Schumann «divertissement joyeux» et l’auditeur imagine bien une réunion amicale et dansante. Le début de l’allegro final est précipité. Légèreté, insouciance, vivacité: l’orchestration est originale, surprenante parfois. Les ruptures de rythmes sont fréquentes, les reprises des cordes animées. On retiendra le solo du cor puis de la flûte. La symphonie se termine en apothéose.

Laurence Equilbey prend ensuite la parole. Elle nous dit son bonheur de partager avec le public cette musique heureuse. Mais elle n’oublie pas la guerre… La Cheffe lit un texte de Victor Hugo adressé aux soldats russes lors de la répression de l’insurrection polonaise de 1863. Puis l’orchestre joue une Romance sans parole de Félix Mendelssohn. Pour les enfants de Marioupol … pour la paix. Un moment de grande émotion partagée.

 

visuel (c) JMC

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