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Les Kapsber’girls au Festival du Quatuor du Luberon

Les Kapsber’girls au Festival du Quatuor du Luberon

21 août 2019 | PAR Myriam Saab-Seurin

Dans le cadre intimiste de l’église de Roussillon, les Kapsbergirl’s témoignent de la vitalité et de  l’originalité de la scène de musique ancienne française.

 

Au sein du Festival du Quatuor à Cordes du Lubéron, désormais dirigé par le Quatuor Zaïde, toutes les « cordes » sont à la fête. Pour preuve, la présence ce mardi 20 août des Kapsber’girls, quatuor composé des cordes vocales de la soprano Alice Duport-Percier et de la mezzo Axelle Verner, des cordes frottées de Barbara Hünninger et des cordes pincées d’Albane Imbs, qui assure la direction de l’ensemble.

Issues toutes quatre du CNSMD de Lyon, ces jeunes musiciennes ont fondé en 2015 ce quatuor magnétique, dont le nom, inspiré du musicien et luthiste siècle J.H.Kapsberger indique un répertoire de prédilection pré-baroque, entre les XVIe et XVIIe siècles. 

Les Kapsber'girls

Crédit photo: Vincent Arbelet

Elles présentent ici un programme intitulé « Vous avez dit brunettes ? ». Les musiciennes fournissent une explication de texte préalable : les brunettes sont de courtes pièces vocales françaises du XVIIe siècle, de caractère léger, évoquant souvent les amours de bergers et bergères. Editées dès le début du siècle par Ballard, l’imprimeur ordinaire du roi, elles influencent largement la musique du temps, au point que des compositeurs comme Hotteterre en publient des recueils destinés aux instrumentistes. Ce choix de répertoire semble traduire la démarche des Kapsber’girls, qui écrivent vouloir « trouver de nouvelles passerelles ».

Le programme s’ouvre sur des pièces d’auteurs anonymes, et bien que supposées « légères », les chansons permettent aux musiciennes de déployer délicatesse, articulation incisive ou plus large expressivité. Les timbres des voix, de la viole de gambe, et de l’archiluth forment un bel équilibre, même si à de rares moments le timbre de la mezzo semble prendre l’ascendant. Les arrangements laissent aussi place à des dialogues instrumentaux magnifiques, qui font écho aux dialogues vocaux.

Albane Imbs, à l’archiluth, parfaitement connectée à sa partenaire, accompagne ensuite en duo Axelle Verner, dont on perçoit que l’expression déjà riche et souple peut encore élargir sa palette. L’archiluth est momentanément abandonné pour le tiorbino, petit théorbe, associé au dessus de viole (plus aigu que la viole de gambe) de Barbara Hünninger, avec lequel il forme un ensemble d’une rare délicatesse.

Le public peut également entendre – découvrir ? – la guitare baroque seule dans une suite de Francesco Corbetta comprenant une superbe passacaille, et la viole de gambe dans un Prélude en harpègementde Marin Marais. Les combinaisons sont riches (et incluent même des appeaux rossignol et… le son des cloches de l’église), et éclairées par des encarts didactiques bien conçus.

Le premier disque des Kapsber’girls sortira en Janvier 2020. D’ici là, elles présenteront un nouveau programme dédié aux compositrices italiennes du XVIIe siècle.

Le Festival du Quatuor à Cordes du Lubéron, jusqu’au 25 août.

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