Classique
Jean-Philippe Audoli nous parle des 47e Nuits du Château de la Moutte

Jean-Philippe Audoli nous parle des 47e Nuits du Château de la Moutte

04 juillet 2022 | PAR Yaël Hirsch

La 47ème édition des Nuits du Château de la Moutte se déroulera cette année du 1er au 13 août à St Tropez, dans la cour de la légendaire demeure d’Emile Ollivier, gendre de Liszt. Au programme cette année :
7 concerts et une affiche éclatante : Renaud Capuçon, Emiliano Gonzalez Toro, Matthias Goerne, David Fray, Avishai Cohen Trio, Lisa Batiashvili, Georgi Gigashvili. Jean-Philippe Audoli, directeur artistique du festival évoque cette édition qui nous fait languir du mois d’août… 

Pouvez-vous nous présenter en quelques mots la programmation 2022 ? Quel est le lien historique de Renaud Capuçon avec le festival. Parlez-nous de cette carte blanche de découverte de talents ?

La programmation du festival de la Moutte est résolument transversale, ainsi chaque année on peut y entendre plusieurs genres musicaux. Pas d’étiquette donc, mais des interprètes étonnants, et qui n’ont que faire des frontières tant la transgression est constitutive de l’artiste. Nous touchons à tout, baroque, classique, romantique jusqu’au jazz le plus fou.
Programmer peut sembler assez simple pour le profane, cela répond pourtant à quelques règles subtiles. Pour simplifier le propos, je dirais que programmer juste, c’est opérer des choix sincères. Il s’agit à la fois de bousculer votre vision et respecter l’identité qui vous est propre, celle du lieu et la vôtre. Un équilibre à trouver, entre oser certains paris et préserver une cohérence sur la durée, qui prend les habits de l’architecte qui façonne peu à peu l’image du festival dans l’esprit de son public. La réussite absolue s’il en est une, c’est lorsqu’un public vous accorde sa confiance. Il est dans la salle quel que soit le concert, parce qu’il est convaincu que s’il ne connaît pas encore cet artiste, il aura fait une belle découverte. Obtenir cette confiance est magnifique, je garde quelque espoir d’y parvenir… Un travail sur la durée passionnant mais qui reste fragile.

Renaud Capuçon est un ami de très longue date – nous nous sommes croisés au CNSM, c’est vous dire. Il y a une complicité naturelle qui me pousse à lui accorder cette année encore une nouvelle carte blanche. Jamais avare de nouvelles idées, il réunit cette fois la jeunesse talentueuse et déjà reconnue. Il est pleinement conscient qu’il jouit d’une notoriété forte et qu’il est à même de partager la lumière pour créer des tremplins vertueux pour les jeunes générations. Une formule qui s’accorde parfaitement aux missions premières de la Moutte : transmettre et découvrir.

Cet été, le festival offre à nouveau une programmation prestigieuse, avec notamment Renaud Capuçon, Emiliano Gonzalez Toro, Zachary Wilder, Matthias Goerne, Nikolaï Lugansky, David Fray, Avishai Cohen Trio, Lisa Batiashvili et Georgi Gigashvili.

En clôture vous faites un partenariat avec le festival de Tsinandali pouvez-vous nous en parler ?

Après des partenariats successifs avec les festivals d’Aix-en-Provence, le Théâtre Marinsky ou l’été dernier avec le Verbier Festival, c’est une nouvelle étape enthousiasmante. Le Tsinandali Festival a acquis en peu de temps une extraordinaire notoriété. Ses dirigeants se sont engagés à promouvoir la culture et les artistes géorgiens en créant une infrastructure étonnante. Ainsi un public international et les artistes eux-mêmes, découvrent la beauté de ce pays et sa richesse artistique. La culture est de plus en plus considérée à juste titre, comme un levier du développement et de l’économie locale, et c’est heureux.

Choisir un seul concert de jazz est-il difficile ?

Non loin du mot choisir se cache le mot renoncer… Bien évidemment, la sélection peut s’avérer un casse-tête tant les demandes affluent. Pour ma part, je prends cette sélection comme un plaisir, elle découle le plus souvent d’une rencontre avec les artistes ou provient d’un coup de coeur qui s’est imposé. Mais vous avez raison de le souligner, il y a beaucoup plus de désirs que de possibles, un principe de réalité relativement commun à toutes et à tous, n’est-ce pas ?

 

Y a t il un spectacle ou un concert plus propice aux familles?

La plage des Canebiers est le lieu idéal pour les familles qui souhaitent partager un concert de musique classique dans un cadre moins formel. Les pieds dans le sable, la dimension festive et poétique, le cadre bucolique et l’excellence musicale font bon ménage, avec beaucoup de douceur et de naturel. C’est chaque fois un évènement exceptionnel. Je suis très heureux de la venue le lundi 8 août, du pianiste David FRAY, dont le jeu personnel et délicat possède une noblesse si rare.

Comment avez-vous eu l’idée de proposer un voyage d’hiver en plein été ?

Je n’ai pas prévu de neige artificielle. Très sincèrement, c’est moins la saison que l’oeuvre sublime de Schubert qui a motivé mon choix. La Moutte est un domaine de 4 hectares d’arbres centenaires qui abritent un petit château pétri d’histoire et de culture. Au coeur de cette matrice, la musique de Schubert, c’est votre mère qui vous berce, vous rassure et vous donne à entendre la nature profonde, la vie. Cette soirée agit en profondeur, cette musique est à l’évidence universelle. Le duo qui réunit le samedi 6 août, le baryton Matthias GOERNE au pianiste Nikolaï LUGANSKY est extraordinaire. Vivement l’été tropézien !

visuel(c) Paolo Roversi Erato, Video Roma

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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