Classique
« Arca ostinata », quand architecture et musique ne font plus qu’un

« Arca ostinata », quand architecture et musique ne font plus qu’un

10 juin 2022 | PAR Capucine De Montaudry

Pour la deuxième soirée de Latitudes contemporaines, Nino Laisné et Daniel Zapico proposent Arca ostinata. Un magnifique concert de théorbe prend place dans une scénographie majestueuse. Voyage dans le temps, les architectures, le soleil et la poussière que nous évoquent les sonorités chaleureuses de cet instrument… 

Dès les premières notes, Daniel Zapico envoûte les spectateurs avec des parfums d’Orient et d’Espagne. Il est assis devant une structure de bois, au départ cubique. Une immense rosace, qui évoque celle de son instrument, apparaît dans une lumière très douce. 

Le concert est un voyage. Les consonances baroques font rêver de déserts arides, de voiles et de mystères. Il joue des accords, des arpèges, nous surprend sans arrêt avec la texture des sons et les infinies possibilités qu’offre son instrument. Parfois il enregistre des phrases et les arpèges se superposent dans une danse virtuose. À d’autres moments, des sons vibrants ajoutent de la profondeur à ses morceaux. 

Au fur et à mesure, la structure se déploie autour de lui. Deux ailes se déplient et dévoilent des fresques évoquant des scènes mythologiques. Au milieu se trouve un écran sur lequel sont projetées des formes abstraites et organiques, tandis que les lumières font jouer les différents motifs. Daniel Zapico évolue dans cet espace étrange et hybride. Il se lève, disparaît derrière, monte au sommet avec de nouveaux vêtements. Il semble venir d’une autre civilisation. Ses expressions et ses gestes sont dramatiques, presque jusqu’au comique, mais son jeu le vaut bien. 

Arca ostinata, c’est une pause dans le temps, une histoire sans narration, un voyage dans un monde qui n’existe pas. Les sons et l’architecture ne font plus qu’un ; ils sont une évasion dans un ailleurs fantasmatique. 

Avec Nino Laisné pour la mise en scène, la scénographie et la direction. 

Visuel : ©Nino Laisné

Cinq questions à Julien Martineau, directeur artistique de « Concerts sous les étoiles » (Toulouse)
Madame Butterfly par Fabio Ceresa : dignité, sobriété et douceur
Capucine De Montaudry

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture