Musique
Cinq questions à Julien Martineau, directeur artistique de « Concerts sous les étoiles » (Toulouse)

Cinq questions à Julien Martineau, directeur artistique de « Concerts sous les étoiles » (Toulouse)

09 juin 2022 | PAR Hélène Biard

La première édition du Festival de Toulouse se tiendra du vendredi 8 au dimanche 24 juillet 2022. L’occasion pour nous de rencontrer Julien Martineau, directeur artistique de ce tout nouvel événement.

 

Je vous remercie de nous accorder cet entretien pour toutelaculture.com. Pouvez-vous nous dire comment vous êtes arrivé à la tête de ce nouveau festival ?

Je suis musicien depuis longtemps et dans le même temps, j’ai toujours aimé imaginer des projets et m’impliquer dans l’organisation d’évènements musicaux. La programmation d’un festival est aussi un enjeu artistique fort. Avec la disparition de « Toulouse l’été », disparition due à la pandémie et au départ à la retraite de son directeur artistique, il y avait de la place pour une nouvelle manifestation. Nous en avons profité pour mettre en place un projet novateur et ambitieux.

Comment avez-vous réussi à programmer autant de genres musicaux différents ? Il a fallu se montrer aussi équitable que possible, je suppose ?

Cela n’a pas été si difficile que cela. Le mélange des genres s’est fait de manière tout à fait naturelle, même si la base du festival reste la musique classique. Ainsi, il y aura de la variété française, du jazz, du flamenco. Et le « mélange » entre musiciens s’est fait très naturellement. Julien Clerc chantera avec l’Orchestre du Capitole de Toulouse et nous avons également invité une danseuse de flamenco qui sera accompagnée par deux guitaristes … Si nous avons des musiciens d’un très haut niveau, nous avons souhaité une manifestation facile d’accès. Par exemple, le concert du 16 juillet, qui est LE concert central du festival, va durer quatre heures. Cette soirée s’articule autour de trois concerts qui permettront au public de voir et d’écouter plusieurs styles différents : musique électro (Thomas Valverde, piano) ; variétés (Julien Clerc et l’Orchestre National du Capitole de Toulouse) ; musiques de films (Kavinsky, Il vient de sortir son deuxième album). L’artiste sort très bientôt son deuxième album). Notre objectif pour ce festival est de réunir des publics différents autour de styles de musique différents. Nous avons également souhaité organiser des concerts conviviaux. La présence de food-trucks conviés pour l’occasion y participera grandement.

Parlez-nous de votre rencontre avec Yvan Cassard ?

Ma rencontre avec Yvan remonte à plusieurs années lors d’une édition du festival « Un violon sur le sable » qui a lieu à Royan (l’édition 2022 aura lieu du 20 au 30 juillet), festival où nous donnions chacun un concert. J’avais également participé au dernier album de Roberto Alagna dont Yvan était le chef d’orchestre. En ce qui concerne « Concerts sous les étoiles », nous avons travaillé pendant deux ans à l’organisation de cette manifestation. Nous y avons mis beaucoup du nôtre, car nous avons une relation très forte avec Toulouse et Yvan est très attaché à cette ville. Il est le codirecteur artistique de la soirée du 16 juillet.

Quels concerts de cette première édition de « Concerts sous les étoiles » recommanderiez-vous et pourquoi ?

C’est compliqué. En tant que directeur artistique, je dirais spontanément qu’il faut assister à l’ensemble du festival qui propose une vingtaine de concerts. Après, s’il faut faire des choix, je vous orienterais vers trois concerts en particulier : le concert d’ouverture du 8 juillet qui verra se produire la danseuse étoile Dorothée Gilbert accompagnée par le pianiste Simon Gréchy. Pour le concert du 10 juillet, c’est un conte sur l’Ukraine qui sera à l’honneur ; mais ne nous y trompons pas, sa programmation a été faite il y a un an, donc bien avant le début de la guerre Russie / Ukraine. Cela sera donc l’occasion d’une création mondiale d’un conte dont je jouerai la musique à la mandoline et dont Julie Depardieu sera la récitante. Et, bien sûr, il y a le concert du 16 juillet, dont nous avons parlé plus haut. Avec ces trois concerts qui auront lieu dans une seule soirée, le public aura le choix entre plusieurs styles de musique. Mais il faut aussi intégrer que les gens pourront partir avant la fin de la soirée s’ils le souhaitent… car la soirée dure quatre heures.

Il y a une pression importante compte tenu de la proposition culturelle dense qui existe déjà à Toulouse. Et même si le phénix semble renaître de ses cendres, êtes-vous confiant ?

C’est un challenge important, oui ! Car nous sommes en train de sortir doucement de la crise sanitaire qui a fait beaucoup de mal au secteur culturel, mais je suis confiant, car la proposition culturelle est variée et nous avons tout fait pour proposer des concerts d’une grande qualité au public. Cela étant dit, l’équation budgétaire reste compliquée. Il nous faudra donc faire nos preuves dès cette année.

Visuel : © Kathy Sebbag

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